Lettre d'information

Les archives de la newsletter de Convergence

La part du gateau...

L’association OXFAM a publié il y a quelques mois son rapport d’étude sur la répartition des richesses crées dans le monde.

Alors que nous avons profité du 1er mai symbole annuel nous rappelant que la justice est un processus social et implique d’agir, les constats mentionnés dans le rapport d’OXFAM dessine un réel constat qui donne à penser.

Petit florilège d’extraits…
« Le nombre de milliardaires a presque doublé depuis la crise financière de 2008. Ils étaient 1 125 en 2008 et 2 208 en 2018. En France, il a plus que doublé, passant de 14 à 40 » ; « en 2018 en France, les 5 % des français les plus riches ont capté 40 % de la richesse nationale. Les 1 % en détenaient 20,6 % » ; « 8 milliardaires français possèdent autant que les 30 % les plus pauvres » ; « dans le monde, les 1 % les plus riches ont accaparé 45,6 % des richesses produites en 2018 » ; « de mars 2017 à mars 2018, tous les deux jours, une nouvelle personne sur la planète est devenu milliardaire en dollars » ; « 26 milliardaires possèdent autant de richesses que 3,8 milliards­ d’habitants » ; « la pauvreté touche la plus grande partie de l’humanité, avec un peu moins de la moitié de la population mondiale (soit 3,4 milliards de personnes) vivant avec moins de 5,50 dollars par jour » ; « la richesse de la moitié la plus pauvre de la population mondiale, soit 3,8 milliards de personnes, a chuté de 11 % » ; « qu’entre 1980 et 2016, les 1 % des personnes les plus riches du monde ont capté 27 % de la croissance du revenu, contre 12 % pour les 50 % les plus pauvres de la ­planète » ; « Jeff Bezos, le fondateur d’Amazon, est l’homme le plus riche au monde, avec une fortune qui s’élève à 112 milliards de dollars selon le classement Forbes de 2018, et, 1 % seulement de sa fortune totale avoisine le budget total de la santé de l’Ethiopie, un pays de 105 millions d’habitants » ; « Le rythme de la réduction de la pauvreté dans le monde a été divisé par 2 depuis 2013. La pauvreté repart même à la hausse en Afrique subsaharienne ». Et la liste des extraits pourrait encore s’allonger. Il appartient à chacun de se déterminer sur les constats car si les moyens de lutte contre les injustices socio-économiques sont politiques, ces injustices sont également éthiques dans la mesure où elles définissent un modèle de civilisation. Et si les trop grosses parts de gâteau préemptées par quelques uns étaient in fine le ressort des maux de nos sociétés ?

Éditorial de Philippe Bigot
mai 2019