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Le parti de créativité…

Le monde va bien, le monde va mal, de tous temps les tenants de ces convictions se sont disputés la suprématie de la raison, preuves à l’appui. Optimistes vs pessimistes est une opposition qui a son utilité dès lors qu’on ne s’y enferme pas. La vertu de ce débat serait de nous faire apparaitre, ici et là, des bouts de réels.

Comment ne pas voir par exemple les effets - pour ne pas dire les dégâts - de l’activité humaine sur notre planète ? Comment ne pas voir les transformations de notre réalité sous l’effet des technologies ? La digitalisation est annoncée comme une ère nouvelle. Comment ne pas voir la suprématie du « tout économique » et la marchandisation du monde dans leurs effets dans la vie quotidienne ? Alors, pessimistes ou optimistes ? Face à ces transformations « en marche », il y aurait bien une voie alternative : la créativité ! La transformation est là, elle chemine, certainement pour partie irréversible. Un enjeu apparait : transformer les effets de la transformation du monde. Les Hommes sont face à des enjeux et des responsabilités lourdes qui supposent toutes les forces créatives car les réponses ne se trouveront pas dans les solutions d’hier. Si la création est une ressource stratégique pour le devenir de nos sociétés, elle l’est tout autant pour l’invention de soi. L’avènement de la société des individus lié à la fin des grands récits collectifs analysée par le philosophe Jean-François Lyotard met alors chacun en demeure d’inventer et de construire sa vie. Sans omettre les déterminants sociaux plus que jamais à l’œuvre, la société moderne renvoie l’individu à lui-même, à sa responsabilité et à la nécessité de prendre sa place dans le social. L’individu contemporain se voit dans la nécessité de produire sa vie, de l’inventer en le confrontant par là même, à l’épreuve de la solitude. Il se trouvera toujours quelques « déclinistes » pour trouver qu’avant c’était mieux. Avant, c’était ce temps où l’ordre social faisait son office et tout était joué à la naissance : mariage, travail, transmission, héritage… Inventer sa vie est la résultante d’un long processus qui fait advenir les individus comme sujets de leur existence. Mais s’inventer ne va pas de soi ! C’est un processus de construction identitaire qui implique les autres. S’inventer c’est créer. Que nous soyons engagés dans le « macro » ou le « micro », la créativité est un enjeu de nos « à venir ». Une très bonne raison pour en avoir fait le sujet de nos 16èmes Rencontres qui se tiennent le mois prochain, vendredi 5 juillet. Rendez-vous pris pour le pari de la créativité ?

Éditorial de Philippe Bigot
juin 2019