Édito du mois

L’ignorance librement consentie

Qui n’a pas fait l’expérience d’une commande de livre faite sur le net ? Tellement simple, il suffit d’entrer le titre de l’ouvrage pour le recevoir quelques jours plus tard. Et dans le même temps des suggestions apparaissent lors de nos navigations suivantes : vous avez acheté ceci alors vous aimerez cela. La magie des algorithmes qui modélisent nos comportements et nos goûts opère ! Mais alors que devient le plaisir de trouver ce que l’on ne cherchait pas ? Les tenants de l’algorithme trouveront à argumenter que de liens en liens nous découvrons des lieux inconnus, mieux encore, que des recommandations auxquelles on ne s’attendait pas peuvent nous être proposées. Face à cette logique, il nous reste la voie de la radicalité…

La radicalité serait d’affirmer que l’on ne sait pas que l’on ne sait pas. Soit une vraie position d’ignorance face à la prévisibilité, les réseaux et la modélisation. Trouver ce que l’on ne cherchait pas serait ainsi la voie de l’ouverture, de la découverte et pour le dire savamment, de la sérendipité. Il est bien entendu que l’on sait que l’on ne sait pas tout… et pourtant, la proposition ici va plus loin puisqu’il ne s’agit pas de reprendre la célèbre formule de Socrate : « je sais que je ne sais rien ». Il s’agit d’affirmer : je ne sais pas que je ne sais pas. Le paradoxe n’est pas bien loin. Illustrons avec le livre. Ainsi, je ne sais pas que je peux lire tel ou tel livre car je ne sais pas que tel ou tel livre existe. Je ne connais pas plus l’existence de leurs auteurs. Je peux dire que je sais que je n’ai pas lu Proust parce que je connais l’existence de Proust et de son œuvre, mais que dire de tous ces auteurs et par là, de tous ces livres dont j’ignore l’existence ? Et plus largement, que puis-je dire de toutes ces choses que je ne sais pas alors même que je ne sais pas que je ne sais pas qu’elles existent ? La question devient épineuse, formulons-là ainsi : comment faire pour cultiver son ignorance et trouver ce qu’on ne cherchait pas ? Le propos ici ne consiste pas à défendre l’ignorance en tant que telle et de l’ériger en vertu ; pas plus que ce propos serait une invitation à s’y complaire. Car s’il devait s’agir de se vautrer dans l’ignorance ce serait pour avoir le plaisir d’en être extrait. L’ignorance forme le fond de tout projet de savoir, elle est à l’origine d’une pulsion de savoir qui peut ouvrir au plaisir d’apprendre, de découvrir, d’être surpris. Il s’agit donc de s’y complaire pour avoir le plaisir d’en être éjecté ! Plus que cultiver l’ignorance pour elle-même, il s’agit de cultiver une attitude d’ignorance qui nous rend disponible à l’inconnu…. De cet inconnu qui fait rêver alors même qu’il nous échappe. A l’image de cette expérience que produit en nous un livre qu’on feuillette en librairie, nous l’ouvrons et tombons sur une phrase qui nous interpelle, éveille notre curiosité, entraîne un écho. N’est-ce pas là ce qui se passe avec toute chose que l’on apprend ? Ne pas savoir que l’on ne sait pas est peut-être une idée évidente et banale, mais pas si simple à reconnaître et à accepter. 

Chef du Bonheur…

A en croire quelques études d’opinion et les offres de quelques cabinets conseil, le bonheur au travail serait l’aspiration de tout collaborateur (on ne dit plus travailleur) qui a compris que le bonheur n’est pas seulement dans le pré. Alors que cette notion de bonheur au travail semble depuis peu s’être installée dans le paysage professionnel, c’est à une question simple qu’il nous reste à répondre : qu’est-ce que le bonheur ? En cherchant bien dans nos souvenirs, il y a peu de chance que nous découvrions que dans la génération de nos grands-parents le bonheur au travail ait pu être une aspiration.

Jusqu’à notre époque d’hypermodernité, on travaillait surtout pour subvenir à ses besoins. Les uns et les autres pouvaient avoir un patron plus ou moins « social » ou « humain », mais l’idée même que le travail pouvait conduire au bonheur relevait de l’impensable. L’histoire montre que travail et bonheur ont longtemps été deux concepts antithétiques. Chez les Grecs, le bonheur ne s’accomplit que dans l’oisiveté (avec un sens positif qui n’a plus cours aujourd’hui !), laquelle est promue comme valeur. Le bonheur s’épanouit dans la contemplation nécessaire à la recherche de la vérité et de la vie bonne. C’est ainsi que pendant des siècles, dans les élites aristocratiques, il ne serait venu à l’idée de personne de travailler ! La langue française permet bien de le saisir, puisque le mot « travail » vient du latin « tripalium », qui est un instrument d’immobilisation et de torture utilisé pour punir les esclaves rebelles dans la Rome antique. Les premiers bouleversements dans notre conception du travail vont se produire autour du XVIIIème siècle, en particulier avec l’avènement de la modernité. Le travail n’est alors plus considéré par les élites comme une activité avilissante, et peut même se faire vecteur d’émancipation. Une émancipation possible dès lors que l’on est en situation de se soustraire à l’aliénation à la machine. Ce qui bien entendu n’était pas le cas de la grande majorité des travailleurs. Le renversement historique est qu’aujourd’hui, dans nos sociétés, l’élite est une élite travailleuse et laborieuse. Le seul fait de dire de quelqu’un « il travaille énormément » force immédiatement le respect. Exit l’oisiveté comme valeur positive, elle est maintenant un défaut. Celui qui ne travaille pas est au mieux un paresseux, au pire un parasite. Songeons à celles et ceux qui profitent du chômage alors qu’il suffit de « traverser la rue » pour trouver du travail comme chacun sait. Celui qui travaille, en revanche, doit travailler toujours plus et toujours mieux. Nous connaissons maintenant les conséquences de cette injonction permanente au travail sans fin : le burn-out, traduisez en français « syndrome d’épuisement professionnel », alors que fait son apparition tout aussi dévastatrice : le bore-out, traduisez en français « syndrome d’épuisement professionnel par l’ennui », et enfin, le dernier syndrome : le brown-out, qui touche les personnes assommées par l’absurdité quotidienne des tâches à accomplir. Face à cette situation, la réponse des décideurs économiques ne s’est pas fait attendre. Elle est présente aux Etats-Unis et se développe en Europe et dans notre hexagone : Le Chief Happiness Officer (CHO) traduisez « Directeur Général du Bonheur » ou, plus littéralement, « chef du bonheur ». La solution était là sous nos yeux : il faut mettre du bonheur au travail et c’est même en passe de devenir un « métier » ! Passons sur les salles de repos, les babyfoots et autres tables de ping-pong, les distributeurs (gratuits) de friandises dont se sont dotés quelques entreprises connues. Une question nous taraude, n’est-il pas surprenant que ceux-là mêmes qui promeuvent le bonheur au travail se gardent bien d’expliquer ce qu’il serait ? Ce qui est préoccupant est la tendance à apporter des réponses inadéquates à des questions sensibles. Ce qui est préoccupant est que le bon sens disparaisse au profit des apparences et « fun ». N’est-ce pas de sens (et de bon sens) dont les personnes au travail ont besoin ? Car si le bonheur vécu au travail est la résultante d'un travail réussi, d’une innovation ou d’une performance inattendue ; le bonheur au travail comme la condition de performance ne devient rien moins qu’une idéologie menant à la formule qu’un salarié heureux est un salarié productif. Une « évidence » qu’il serait grand temps d’interroger, de bousculer. Le bonheur au travail incarné par son « Directeur Général du Bonheur » n’est pas autre chose qu’une instrumentalisation dans un but économique. Mais j’y pense, le bonheur n’est-il pas une affaire privée ?

La vérité vraie…

Pourquoi s’embarrasser des faits lorsqu’on peut s’en affranchir ? La « post-vérité » est désormais omniprésente dans les échanges qui se déploient sur la scène des réseaux sociaux. Aucun domaine n’échappe aux « faits alternatifs ». Celui de la santé, COVID oblige en est un exemple flagrant. A côté des tenants des « faits alternatifs », le menteur occasionnel ou même invétéré fait pâle figure. La « post-vérité » se présente comme subversive, elle nous bouscule dans nos convictions mais sa visée n’est-elle pas de produire en chacun un basculement, une radicalité ?

Les vérités des faits sont assujetties à la subjectivité humaine en raison de la contingence des faits. Par exemple, les faits historiques relèvent d’une raison interprétative qui autorise la production de récits. La diversité des interprétations et, la pluralité possible des récits concernant les faits historiques ne sont pas de nature à remettre en question l’existence même de ces faits. La vérité des faits renvoie au caractère irréversible des événements. Nous ne pouvons donc que reconnaitre le fait comme tel et chercher ensuite à l’interpréter, à lui donner « sens ». Or l’entreprise de la « post-vérité » incite à nous faire franchir un autre pas : imposer la négation des faits et de ses évidences au profit de « faits alternatifs ». Les promoteurs de la « post-vérité » ne peuvent alors être envisagés comme de simples menteurs. S’il trompe son interlocuteur, le menteur le fait d’autant mieux qu’il connait bien la réalité avec laquelle il s’arrange. L’adepte de la « post-vérité » cherche à éviter d’aborder la réalité des faits tels qu’ils sont. Il s’y attaque avec une batterie d’arguments allant de la manipulation des données à leur invention pure et simple. Avec la « post-vérité » c’est une néo-réalité, une construction imaginaire qui occupent la place de la vérité des faits. L’exactitude des faits n’est plus alors une préoccupation disparaissant sous l’effet de l’interprétation idéologique. Il s’agit d’être fidèle – au-delà des faits – à ses croyances, à ses convictions, à ses présupposés. Discours complotiste et discours antisystème sont les formes les plus apparentes et parfois folkloriques d’une « pensée » qui s’auto-valide. Difficile dès lors de prendre conscience d’une dérive entre affirmations et vérités des faits ; le militant de la « post-vérité » imposant sa fiction en niant les faits. Aucune remise en question n’est à ce stade possible puisque de la manière la plus systématique, il s’agit de persister à ne croire ce que l’on croit déjà. La « post-vérité » est aux antipodes de la méthode scientifique dont l’exigence requiert de chercher sans cesse à infirmer ses théories. Les faits forment le fond irréductible à partir duquel des opinions peuvent se forger. Leur diversité n’autorise le débat dès lors que les vérités de fait y sont respectées. Mais ces vérités de faits sont vulnérables comme avait pu le souligner Hannah Arendt. Face au négationnisme des faits quel débat peut-il y avoir ? Pour celui qui revendique les « faits alternatifs » et de la « post-vérité », la force de son affirmation devient rapidement une affirmation de force comme seul moyen pour imposer sa vision. Nier la vérité des faits ouvre à la violence des rhétoriques qui remplacent l’art de convaincre par celui de persuader. Dissuader sera l’étape suivante. C’est à la raison que s’attaque frontalement la « post-vérité » laissant alors le champ libre à l’expression pulsionnelle. Aucun exemple dans l’histoire humaine ne montre que les pulsions, lorsqu’elles sont au pouvoir, garantissent le « vivre ensemble » … Sur la scène politique les effets peuvent s’avérer dévastateurs si les fondements démocratiques ne sont pas solidement plantés et, si les citoyens abdiquent à une indispensable vigilance. En se présentant comme « révolutionnaire », la posture de « post-vérité » ne peut apparaitre que pour ce quelle est, une escroquerie. Elle est radicalement « régressive ». Face à la raison, la « post-vérité » offre le retour des stéréotypes, de l’archaïsme. C’est à une forme contemporaine de l’obscurantisme à laquelle nos sociétés sont conviées. Ici pointe la question de civilisation. Nous avons affaire à un ennemi de la vérité bien plus dangereux que le menteur qui lui n’ignore pas le principe de réalité. Le tenant de la « post-vérité » lui s’en affranchit. « Niez, niez, il en restera toujours quelque chose » pourrait-il paraphraser. Un nouveau crédo qui demande à chacun un état vigile.

Bien nommer les choses…

Avec la COVID, les autorités sanitaires et le pouvoir nous imposent une règle de distanciation sociale, à propos de laquelle chacun a pu faire l’expérience qu’il n’est pas aisé de se tenir à distance des autres. Entre élan spontané aussitôt refreiné, gaucherie dans le comportement à adopter et à adapter, gêne à propos d’un geste mal inséré dans l’ordre des normes implicites qui définissent nos comportements, nous voilà plutôt déboussolés. Avec comme perspective de nombreux mois de gestes barrières, tenir sa distance nous demande de tenir la distance…

Alors cette « distanciation sociale » décidée, imposée en arriverait presque à nous faire oublier que la distance sociale n’a pas attendu la COVID pour être omniprésente dans nos quotidiens. L’espace public dans lequel nous vivons ordinairement n’est pas un allant de soi. Il est le fruit d’un long processus civilisationnel visant à contenir et sublimer les pulsions et les passions qui agitent l’humanité ; celles qui précisément nous plongèrent bien souvent dans la guerre. D’ailleurs cet espace ne peut être investi également en tout point de la planète. Nous ne pouvons pas vivre dans l’espace public de la même manière selon que l’on habite Bogota ou Zurich. Vivre ensemble pacifiquement implique de développer des normes d’interaction et d’autocontrainte sans lesquelles notre espace public ne serait pas ce que nous connaissons dans notre pays. L’intériorisation de ces règles est indispensable pour vivre la présence du corps de l’autre comme autre chose qu’une agression. La communication non-verbale vecteur de l’expression des émotions est centrale, et, elle est mise en difficulté dès lors que le toucher est proscrit et le port du masque obligatoire. Chacun est ainsi renvoyé à la nécessité de redéfinir les significations des comportements dans des contextes dont les repères bougent. Preuve qu’un comportement n’a pas un sens intrinsèque même si les manuels et autres dictionnaires sur le sens caché des gestes font toujours florès. Masque et distance s’invitent dans nos quotidiens et nous incitent à faire preuve de créativité dans nos relations. Des salutations et congratulations humoristiques fleurissent comme autant de preuves de notre capacité à nous réinventer. Mais la « distance sociale » hors pandémie se trouve également ordonnée par la culture tout comme elle l’est aussi, par les positions sociales occupées dans l’ordre de la société. Il reste à chacun à trouver sa bonne distance sociale puisqu’elle répond aussi à des conditions subjectives personnelles. Cette organisation invisible de l’espace social existe indépendamment de la COVID 19 qu’elle contribue à opacifier un peu plus avec les règles de la « distanciation sociale » qui s’imposent. Distance sociale, distanciation sociale sont autant de formulations partageant un sens commun. La question simple est donc de savoir ce qu’il s’agit de mettre à distance en cette période de pandémie ? Probablement pas le « social » puisqu’il est déjà distancié. La citation d’Albert Camus : « mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde » éclaire la question. Car avec la COVID, il ne s’agit pas tant de « distanciation sociale » que de « distance physique » ce qui n’est pas tout à fait la même chose. La formule « distanciation sociale » incite à la « distance humaine », là où, il ne s’agit que de « distance corporelle ». Sans aucun doute, parler de « distanciation sociale » c’est « mal nommer les choses », c’est opérer un glissement de signifié qui n’est pas sans effet. Un jour viendra (peut-être) où les communicants s’intéresseront à la linguistique et au contenu du message plutôt qu’aux formules frelatées. Si mal nommer les choses ajoute au malheur du monde, qu’adviendrait-il à bien les nommer ?

Un déconfinement peut en cacher un autre…

Qu’est-ce qui se déconfine lorsque nous déconfinons ? Voici une question qui me trotte dans la tête depuis plusieurs semaines, et, que quelques discours entendus ici ou là, ne font qu’amplifier. Quoi de plus saisissant que d’entendre le recyclage des idées d’avant pour répondre aux défis posés aujourd’hui par une crise totalement inédite. Le monde d’après peut-il seulement se penser avec les paradigmes du monde d’avant ? Poser ainsi la question, c’est déjà y répondre…

Sur le terrain politique, le monde d’après est jumelé au monde d’avant. Les dogmes qui tiennent lieu d’idées sont réactivés. A droite de l’échiquier, des responsables proposent la suppression des 35 heures, l’ouverture des magasins le dimanche, le déplafonnement des heures supplémentaires non fiscalisées. Un peu plus à droite encore, le monde d’après serait celui de la fermeture des frontières et d’un arrêt des flux migratoires pour stopper les virus. A la gauche de l’échiquier, les propositions sont tout autant novatrices et à la mesure du temps présent : planification de l’économie et planification de la production. Une idée si originale qu’elle érige Lénine en Nostradamus du XXe siècle. D’autres, toujours à la gauche plaident pour « l’Europe fédérale ». Quelques archivistes avisés sont allés ressortir illico les interviews de Jacques Delors et, nous avons pu les revoir ces images tourner en boucle durant quelques jours. Cette situation de crise, sidérante, nous a entrainé sur les chemins d’un questionnement sur nos vies et nos modes de vie ; elle ouvre aussi un boulevard à ce que la psychologie cognitive appelle le « biais de confirmation ». Ce biais n’est autre que la tendance à utiliser ce qui arrive pour renforcer sa vision du monde. Là où, avec la crise sanitaire présente et économique à venir nous pouvions nous attendre à des réflexions, nous ne trouvons en réalité que des réflexes. Trouver le moyen de confirmer ce que l’on pense déjà, indépendamment des événements eux-mêmes, a peu de chance de nous emmener vers des lendemains qui chantent. Le pire étant de pas même se rendre compte, que les formules de nouveau ânonnées en réponse à la crise, sont aussi celles qui participèrent à la crise elle-même. La pandémie nous rappelant avec force et violence l’évidence que quelques 7,7 milliards d’humains vivent ensemble sur cette planète et se doivent de la partager et de la préserver. La décision de confiner les personnes fut un choix éthique donnant corps à l’impératif kantien de considérer autrui comme une fin et non comme un moyen. La santé, la vie, les personnes sont passées avant l’économie, il n’y a aucun précédent dans l’histoire. Quelque chose s’est donc passé. Le présent exige maintenant d’innover et non de ressasser. Si l’activité de demain est pensée avec les catégories d’hier : PIB, croissance, rationalité gestionnaire, finance sans entrave, captation et stockage des ressources… alors ce monde nouveau a peu de chance de se distinguer de celui d’hier. Finalement, je me demande si le vrai déconfinement n’est pas le déconfinement des formes de pensée. Je me demande si le déconfinement n’est pas une opportunité de nous doter des moyens de penser selon d’autres paradigmes, de s’en remettre à de nouvelles catégories de pensée. Je pense ici aux travaux développés, chacun à leur façon, par Pierre Bourdieu, Gilles Deleuze et Michel Foucault. Ils nous ont laissé un héritage non conformiste et non prescriptif de ce qu’il faut penser et faire. Ils nous ont légué des « outils » pour penser le monde. De ces outils qui d’ailleurs ne s’usent que si l’on ne s’en sert pas…. Le déconfinement c’est la liberté de mouvement, de déplacement. Soit, mais pas seulement de nos corps. Déconfiner nos modes de pensée est un défi au quotidien qui engage chacun.

Confinement et paradoxes

Assignés à résidence depuis des semaines, nous vivons dans un paradoxe incessant de désert social et d’hyperconnectivité ; de silence, de calme et lenteur dans les rues et d’urgence absolue - parce que vitale - dans les lieux de soins et de recherche. Avec le confinement, une double peine s’impose. Sur le temps, bien sûr, chacun se demandant combien de temps il nous faudra cohabiter avec le virus. Sur l’espace, tout autant, qui se trouve alors délimité par l’enceinte des murs de nos habitats.

A y regarder de près, confinés vis-à-vis du temps nous y sommes depuis toujours et de façon irréversible. Le temps enserre nos corps dans un inéluctable mouvement, dans une prison sans porte ni fenêtre. Le temps aliène nos corps aussi sûrement que soixante secondes d’ennui ou de passion confinées ou non, forment inexorablement une minute. Ce mouvement se répète. Il en va autrement de notre perception du temps qui, avec quelques semaines de confinement s’en trouve bousculée. Ce qui fait « différence » dans nos quotidiens maintenant gommé par un confinement prolongé, ne permet plus de distinguer réellement les jours. Ils donnent la sensation de se ressembler, de se prolonger. Les heures, les minutes manquent de rythme, nos montres deviennent molles. Ironie de l’histoire et paradoxe en or, le fait d’avoir le temps nous fait perdre la notion même de temps ! Si « avoir » le temps a pu être exaltant les premiers jours d’un confinement qui s’annonçait long, très vite et sous des formes diverses la question est venue s’imposer : qu’« a »-t-on lorsqu’on « a » le temps ? Quel est donc cet « avoir » ? Et le réel de se rappeler à nous : le temps on ne l’« a » pas, c’est lui qui nous « a »... . Face au temps, nous ne pouvons qu’accepter qu’il s’impose inexorablement à nous, accepter que nous habitions physiquement l’instant présent, et, que nous ne pouvons pas en sortir, sauf en partie, par le recours à notre imagination et notre mémoire. La situation que nous vivons est extraordinaire en ceci : à la condamnation à perpétuité à une aliénation au temps - inhérente à notre condition humaine, s’ajoute l’assujettissement à l’espace. Or l’espace est le lieu de notre liberté. Pouvoir nous déplacer librement, passer d’un espace à un autre ; d’un espace professionnel à un espace familial, social, amical, d’étude, politique… est ce qui fonde notre liberté. Autre ironie de l’histoire et paradoxe en or, à être ainsi assignés à domicile nous ne savons plus où nous habitons ! L’espace et le temps sont unis, pour le meilleur et pour le pire. Le temps prend sa dimension dans l’espace dès lors que l’on peut s’y déplacer, physiquement et psychiquement. A défaut, la tyrannie tricote alors nos existences, une maille à l’envers, une maille à l’endroit. Albert Camus dans un texte – « Exhortation aux médecins de la peste » - préfigurant son célèbre roman - parlait à propos de la peste de son « étrange tyrannie ». Ce virus tue et nous prive d’une de nos libertés fondamentales. Il nous enserre physiquement et nous exclue du lien, c’est-à-dire d’une présence de l’autre en nous livrant aux outils de la technologie pour maintenir nos échanges. Ce virus est la résultante de l’activité humaine et des dégâts écologiques que celle-ci imprime sur notre planète. Le fait est scientifiquement avéré. Prisonnier d’un temps présent qui s’éternise entre nos murs, il est rassurant de nous dire « plus jamais ça », de déclamer que l’après ne sera pas comme avant, que le changement de nos modes de vie est maintenant possible puisqu’il s’est imposé par effraction dans nos existences. Nos bonnes intentions pourraient bien vite se fracasser sur les mécanismes d’amnésie collective que décrivent les historiens - pensons en particulier aux travaux de Patrick Boucheron. Ces mécanismes suivent les grands épisodes traumatiques de l’histoire au rang desquelles, les épidémies tiennent une bonne place. La tentation de l’effacement et de faire passer l’épidémie vers un passé révolu par le truchement d’un retour au « comme avant » est là. Le discours économique saura lui donner toute la rationalité nécessaire. Au fond, nous n’avions nullement besoin de la pandémie pour savoir l’impasse environnementale dans laquelle l’humanité se trouvait ; nous n’avions pas besoin de cet événement meurtrier pour que soient prises et mises en œuvre les décisions politiques, économiques et sociales nécessaires pour faire que notre planète reste habitable par nos enfants. Nous savions, nous savons. A croire que c’est notre passivité que le COVID-19 met en lumière… Le monde de l’avant COVID ne laissait de place qu’a l’instantanéité, à l’actualité qui en chasse une autre, à l’écume plutôt qu’aux mouvements de fond. La réforme était devenue le signifiant que les gouvernements successifs ont psalmodié pendant plus de trente ans avec les résultats que l’on sait. L’hôpital vit cela maintenant comme tragédie. Nous sommes pris dans une dichotomie. Nous sentons bien cette force qui nous incite à réinvestir l’idée de futur, l’idée d’un futur, et, que dans le même temps, il nous faut vivre hic et nunc sans attendre que la promesse du futur soit tranchée. Celle-ci demande du temps, du débat, de l’engagement, du rapport de force. Ce que cristallise le surgissement du virus, c’est combien le monde de demain était à l’abandon au profit de l’immédiateté, à quel point le monde de demain était un « no man’s land » intellectuel et politique laissant le champ libre aux illusionnistes et populistes gavés à la post-vérité. Vivre en société implique d’accorder collectivement à l’avenir un statut, de le penser et de le représenter ; de l’investir de projets, de défis et d’en faire une promesse pour les générations d’après. Sur cette béance du monde d’avant, le virus lève crûment le voile. Fabriquer de l’avenir suppose de construire un récit collectif qui permet de vivre ensemble et de traverser les épreuves. Aucune période de l’histoire en aura été exemptée. Débattre du projet collectif donne forme à l’idée que l’avenir constitue une réalité qui n’est pas complétement déterminée et laisse ainsi ouvert un espace pour l’invention et la volonté.

Huis clos

Nous voilà les uns et les autres confinés dans un (presque) huis clos pour quelques semaines. Du confinement au « huis clos », il n’y a qu’un petit pas à faire vers la bibliothèque et ainsi de répondre à l’invitation présidentielle faite aux français de lire des livres. L’invitation du Président mérite le détour. Or donc, on lit lorsqu’on a du temps dont on ne sait que faire, tout comme, et c’est bien connu, on va au cinéma lorsqu’il ne fait pas beau. L’invention de la culture occupationnelle est en marche…. Revenons à « Huis clos », la pièce de Sartre et sa célèbre formule prononcée par Garcin « l’enfer, c’est les autres ». Nous pouvons quand même nous demander, confrontés au confinement, si l’enfer ce n’est pas l’absence des autres…

Sartre traite avec « huis clos » de la question du rapport à autrui. Le récit se construit autour d’une action qui relate l’arrivée de trois personnages en enfer ; un enfer étrangement ressemblant au monde réel. Trois personnages, deux femmes et un homme de prime abord sans lien entre eux, cherchent à comprendre ce qui a pu les conduire là et, ce qu’est leur châtiment. Ils comprennent rapidement qu’il n’y a pas un bourreau mais découvrent que leurs histoires sont intimement liées, les uns aliénant les autres. Pour le philosophe, si enfer il y a, il est intersubjectif et si « l’enfer c’est l’autre » alors l’autre n’est pas systématiquement un enfer ! La confinement sanitaire éclaire pour chacun la question de l’autre sur fond d’une dialectique présence-absence ; le confinement pointe tout autant la question de ce qui « fait société ». La révolution néolibérale des années 80 s’est fondée notamment sur un postulat martelé en son temps par Margaret Thatcher. Elle exaltait l’individualisme qui était le socle de sa conviction : « there is no such thing as society », « il n’y a pas de société » soit une conception brutale selon laquelle seuls les droits et les intérêts des individus, séparés et autonomes fondent le contrat social. A ceci près que le lien, l’échange, le travail ou le loisir en commun dans la présence de l’autre relèvent de besoins psychologiques vitaux. Aussi la vie de couple, familiale ou encore solitaire, imposée par l’état d’urgence, a quelque chose d’artificiel, de contraint, de vide et de pénible si elle n’est pas complétée, enrichie par les relations sociales de toutes natures qui lui donnent son sens collectif. Chacun va prendre la mesure de ce qu’il a besoin de se retrouver avec d’autres pour se rassurer et s’assurer qu’il est bien membre de cette chose « qui n’existe pas », la société. Ainsi chacun va pouvoir éprouver concrètement la fausseté du théorème qui a changé le monde et oriente nos existences depuis plusieurs décennies. Revenons à la pièce « huis clos » dans laquelle Sartre soutient une position. L’angoisse que nous vivons lorsque nous sommes confrontés à un « réel » comme l’est une pandémie, par nature sans signification (même si quelques prophètes veulent faire croire que cette tragédie serait porteuse d’un sens), est ce qu’il nomme « nausée ». Pour la combattre, l’homme peut utiliser sa liberté de pensée, de choix et d’action. Pour Sartre, l’homme doit choisir et faire des choix qu’il peut assumer devant l’éternité. Huis Clos montre que contempler sa vie est une forme de torture, et, invite à faire quelque chose de sa vie au lieu de la subir. La bourse des valeurs y perd son latin depuis l’épidémie. A la hausse : les valeurs de partage, de civisme, de coopération et d’action collective. A la baisse : le « chacun pour soi », une conception de l’Etat comme étant le problème et devant se retirer peu à peu de la vie sociale, le rejet de la régulation pour donner un blanc-seing aux mécanismes du marché et sa « main invisible ». L’après COVID19 sera ce que nous saurons faire de ce qui nous est arrivé.

Libres d’obéir…

Il y a quelques semaines paraissait un ouvrage d’historien. L’auteur et son éditeur l’ont intitulé « Libres d’obéir : le management du nazisme à aujourd’hui ». L’auteur fût invité par les rédactions de la presse pour développer ses thèses dont la principale tient en une phase : le nazisme est la principale matrice du management moderne. Une modernité qu’il aurait découvert également déjà présente dans pratique nazie du management. Pour l’historien, les fonctionnaires du IIIe Reich avaient élaboré une conception non autoritaire du travail, fondée sur l’autonomie, la performance, la flexibilité et… le bien-être des travailleurs pour faire face aux enjeux de production auxquels l’Allemagne devait faire face. Comme chacun sait, il faisait bon vivre et travailler sous le régime nazi… Que cet historien spécialiste du IIIe Reich établisse une continuité entre nazisme et management est pour le moins surprenant ; et que ses thèses soient accueillies sans contradiction s’avère inquiétant…

L’historien et auteur de « libres d’obéir », Johann Chapoutot est professeur à la Sorbonne, spécialiste du nazisme. Il fait la démonstration que l’autorité conférée par position universitaire ne saurait le mettre à l’abri d’un point aveugle. Avec son sous-titre :« le management, du nazisme à aujourd’hui » l’auteur suggère une forme de continuité entre nazisme et management contemporain, une sorte de continuité entre Himmler et Henry Mintzberg. L’historien mène son entreprise avec quelques sophismes habiles qui s’inscrivent dans les analyses menées par l’avocat new-yorkais Mike Godwin. Celui-ci a donné son nom à une loi qui se fonde sur une idée développée par Leo Strauss et qu’il avait nommé la reductio ad Hitlerum. Il s’agit de la disqualification d’un phénomène en raison d’une similitude qui lui est prêtée avec le nazisme. Ce raisonnement employé par l’historien n’est pas seulement inexact du point de vue de la rigueur scientifique, il présente un danger. A installer l’idée d’une continuité entre nazisme et management, l’auteur nous indique que nous vivons déjà dans une version soft du nazisme. Pire, à voir du nazisme partout, on risque de ne plus le distinguer là où il est vraiment. Habile, l’auteur n’exprime jamais les liens entre management et nazisme. Mais toute son argumentation, un art de l’implicite, conduit le lecteur à le penser. Le ressort de l’auteur est là : il ne le dit pas pour mieux le laisser dire aux autres. Il développe l’idée que le camp de concentration était le lieu paradigmatique de l’objectivation de l’être humain. Autrement dit, que les nazis ôtaient dans les camps le statut d’humain à ceux qui y entraient. La thèse est connue et se trouve invariablement présente dans les situations génocidaires. L’auteur avance sa thèse dans une pratique experte de la suggestion : dans les camps, les humains sont des objets ; dans l’entreprise, ils sont des ressources (humaines) au service d’un but. Ils sont donc des moyens (objets) et non des sujets. Il ne semble pas en falloir plus pour que l’historien en déduise une parenté entre nazisme et management. Si l’auteur avait fréquenté les entreprises, il se serait rendu compte qu’elle se distingue notamment d'un camp de concentration, parce qu'on trouve à en sortir. Nous savons que les travaux forcés à Auschwitz avaient une finalité bien accessoire au regard du projet en cours là-bas. Le « projet d'entreprise » des camps de la mort se résume à une action : tuer. Considérer qu'un camp de concentration est une entreprise est là une insulte à la mémoire des victimes. Et quand bien même l’entreprise moderne produit de la violence, quand bien même certains y laissent la vie, ces entreprises ne sont pas pour autant des « camps de la mort » à considérer comme un « Treblinka », un « Auschwitz-Birkenau ». Les outrances de l’auteur-historien résonnent comme des outrages. Les errances, les erreurs et les déviances du management ne sont pas assimilables au nazisme. La cruauté et la violence de quelques managers n’en font pas les « kapo » d’un système. Du haut de sa spécialité, l’historien nous démontre qu’il est possible de beaucoup savoir et de ne rien comprendre. En espérant qu’il nous épargnera une publication sur nazisme et recherche médicale…

Livre du mois

Couverture du livre : Ci-gît l’amer : guérir du ressentiment
Photo de l’auteur : <h3>L’auteure</h3> <p>Cynthia Fleury, philosophe et psychanalyste, est professeur titulaire de la chaire "Humanités et Santé" au Conservatoire national des arts et métiers. Titulaire de la chaire de "Philosophie à l'Hôpital" du GHU Paris Psychiatrie et Neurosciences, elle poursuit ici son travail autour de l'individuation et de l'Etat de droit, entamé avec Les pathologies de la démocratie, La fin du courage, Les irremplaçables et Le soin est un humanisme.</p>

L’auteure

Cynthia Fleury, philosophe et psychanalyste, est professeur titulaire de la chaire "Humanités et Santé" au Conservatoire national des arts et métiers. Titulaire de la chaire de "Philosophie à l'Hôpital" du GHU Paris Psychiatrie et Neurosciences, elle poursuit ici son travail autour de l'individuation et de l'Etat de droit, entamé avec Les pathologies de la démocratie, La fin du courage, Les irremplaçables et Le soin est un humanisme.

4ème de couverture

La philosophie politique et la psychanalyse ont en partage un problème essentiel à la vie des hommes et des sociétés, ce mécontentement sourd qui gangrène leur existence. Certes, l'objet de l'analyse reste la quête des origines, la compréhension de l'être intime, de ses manquements, de ses troubles et de ses désirs. Seulement il existe ce moment où savoir ne suffit pas à guérir, à calmer, à apaiser. Pour cela, il faut dépasser la peine, la colère, le deuil, le renoncement et, de façon plus exemplaire, le ressentiment, cette amertume qui peut avoir notre peau alors même que nous pourrions découvrir son goût subtil et libérateur. L'aventure démocratique propose elle aussi la confrontation avec la rumination victimaire. La question du bon gouvernement peut s'effacer devant celle-ci : que faire, à quelque niveau que ce soit, institutionnel ou non, pour que cette entité démocratique sache endiguer la pulsion « ressentimiste », la seule à pouvoir menacer sa durabilité ? Nous voilà, individus et État de droit, devant un même défi : diagnostiquer le ressentiment, sa force sombre, et résister à la tentation d'en faire le moteur des histoires individuelles et collectives. 

Notre avis

Un essai qui s’affranchit d’un discours commun et convenu pour aborder la complexité des phénomènes relevant de la psychologie, de la sociologie et de leurs incidences dans la gouvernance et la démocratie. C’est en philosophe que le sujet est traité par l’auteure qui a le souci de se faire comprendre et développe ses thèmes à « hauteur d’homme ». Un essai interpellant, l’auteure a su trouver le moyen de dialoguer avec son lecteur, de le faire cheminer.

Couverture du livre : Dans la tempête virale
Photo de l’auteur : <h3>L’auteur</h3> <p>Slavoj Zizek est l’un des philosophes les plus influents et les plus prolifiques de notre époque. Né en 1949 à Ljubljana (Slovénie), il est directeur international du Birbeck Institute for the Humanities (université de Londres), chercheur senior dans le Département de philosophie de l’université de Ljubljana et professeur émérite à l’université Kyung Hee (Séoul). Il est l’auteur de nombreux ouvrages. Docteur en psychanalyse, il est professeur invité au département de psychanalyse de Paris-VIII, il enseigne dans plusieurs universités américaines prestigieuses, dont Columbia et Princeton. Il est également président-fondateur de la Société pour la psychanalysethéorique de Ljubljana</p>

L’auteur

Slavoj Zizek est l’un des philosophes les plus influents et les plus prolifiques de notre époque. Né en 1949 à Ljubljana (Slovénie), il est directeur international du Birbeck Institute for the Humanities (université de Londres), chercheur senior dans le Département de philosophie de l’université de Ljubljana et professeur émérite à l’université Kyung Hee (Séoul). Il est l’auteur de nombreux ouvrages. Docteur en psychanalyse, il est professeur invité au département de psychanalyse de Paris-VIII, il enseigne dans plusieurs universités américaines prestigieuses, dont Columbia et Princeton. Il est également président-fondateur de la Société pour la psychanalysethéorique de Ljubljana

4ème de couverture

De février à mai 2020, reclus dans sa maison de Ljubljana, Slavoj Zizek observe ce qui se passe à l’échelle du monde. La pandémie a mis à nu ce que nous parvenons d’ordinaire à accepter ou à dissimuler : la barbarie à visage humain dans ses multiples formes. Zizek traque les virus idéologiques qui ont favorisé l’apparition et la dissémination de la Covid-19, mais aussi ceux que la pandémie active ou réactive, les virus du racisme, des fake news, des théories du complot. Il forme le vœu d’un autre type de contagion, propice à l’invention d’une société nouvelle qui ne pourra s’actualiser que dans la sobriété et une solidarité inconditionnelle. Une société où la vie de tous aura la même valeur. “Je ne suis pas un utopiste, et je n’en appelle pas à une solidarité idéalisée entre les peuples. Au contraire, la crise actuelle démontre clairement à quel point une solidarité et une coopération mondiales conditionnent la survie de tous et de chacun, à quel point un égotisme rationnel est la seule attitude valable.”

Notre avis

Un ouvrage atypique construit en temps réel pour aborder et tenter d’analyser de quoi la pandémie de la COVID19 est le symptôme. Conférencier infatigable et pourfendeur de la langue de bois, l’auteur nous convie à une analyse fine, clinique du temps présent. Ici se loge le ressort du travail de Žižek : penser l’événement immédiat pour en montrer les soubassements très historiques quant à eux. L’auteur est l’une des grandes voix critiques du champ intellectuel mondial dont il est sans conteste l’une des figures les plus originales. Ses écrits et ses positions ne laissent pas indifférents !

Couverture du livre : Dans la disruption Comment ne pas devenir fou ?
Photo de l’auteur : <h3>L’auteur</h3> <p>Bernard Stiegler est philosophe. Il a fondé et préside le groupe de réflexion philosophique Ars industrialis créé en 2005 et dirige également depuis avril 2006 l'Institut de recherche et d'innovation (IRI) qu'il a créé au sein du centre Georges-Pompidou. Le cœur de sa recherche porte sur les enjeux des mutations actuelles sociales, politiques, économiques, psychologiques portées par le développement technologique et les évolutions de la société </p>

L’auteur

Bernard Stiegler est philosophe. Il a fondé et préside le groupe de réflexion philosophique Ars industrialis créé en 2005 et dirige également depuis avril 2006 l'Institut de recherche et d'innovation (IRI) qu'il a créé au sein du centre Georges-Pompidou. Le cœur de sa recherche porte sur les enjeux des mutations actuelles sociales, politiques, économiques, psychologiques portées par le développement technologique et les évolutions de la société 

4ème de couverture

Pourquoi notre monde est-il en train de devenir fou ? Bernard Stiegler commet ici son livre fondamental sur les ressorts d'une société qui a vendu le souci d'humanisation au diable d'une technologie aveugle. Avec la connexion planétaire des ordinateurs, des smartphones et des foules que tout cela forme, les organisations sociales et les individus qui tentent de s'approprier l'évolution foudroyante de la technologie arrivent toujours trop tard - à tel point qu'elles sont à présent au bord de l'effondrement. C'est ce que l'on appelle la disruption. Cette immense puissance installe un immense sentiment d'impuissance qui rend fou.

Notre avis

Un philosophe engagé, au parcours singulièrement atypique, Bernard Stiegler a travaillé sur la technique, la technologie et leurs effets sociétaux et humains. Avec cet ouvrage, crucial dans son œuvre et son itinéraire, l’auteur explicite les contradictions auxquels nous sommes aujourd’hui, dans nos quotidiens, assujettis. Un livre passionnant qui apporte une contribution au devenir de l’humanité. Parler de cet ouvrage est aussi notre façon de rendre hommage à cet homme, prématurément décédé cet été.

Couverture du livre : Les choses importantes
Photo de l’auteur :

L’auteure

Claire Delepau Michelet est coach, formée à la philosophie. Après avoir travaillé dans le domaine des relations humaines au sein d'une multinationale et de PME, elle a créé en 2006 son cabinet de coaching professionnel, Terre de Sens. Elle est membre associée de la Société française de coaching et spécialiste de l'engagement.

4ème de couverture

Comment se forge-t-on une éthique personnelle, une boussole pour agir ? Comment poursuivre son cap et résister aux pressions ? Comment s’engager au quotidien pour les choses importantes à nos yeux ? Témoignages à l’appui, Claire Delepau Michelet explique comment nous pouvons transformer une prise de conscience (le fameux déclic) en une action qui nous corresponde. Elle nous encourage également à déployer notre intelligence et notre vigilance, non pas uniquement vers ce qui s’effondre, mais surtout vers ce que nous voulons construire. Aimer la vie : tel est finalement l’objet de ce petit guide positif qui est aussi un livre sur l’art d’être libre.

Notre avis

C’est à une véritable ouverture philosophique que nous convie l’auteure qui sait réhabiliter avec force l’idée qu’il ne saurait y avoir de rupture entre la pensée et l’action. L’ouvrage est argumenté, référencé à de nombreuses sources, et, l’auteure sait y mettre d’elle-même et de ses convictions en tenant une juste distance. Un livre qui montre qu’il est possible de tenir une position engagée en tant que professionnelle de l’accompagnement. C’est avec plaisir et émotion que j’ai lu le livre de Claire que j’ai eu la chance d’accompagner dans son développement professionnel. « Les choses importantes » n’est assurément pas un livre de plage mais incontestablement un livre à lire durant les vacances.

Couverture du livre : La Faiblesse du vrai
Photo de l’auteur : <h3>L’auteure</h3> <p><strong>Myriam Revault d’Allonnes</strong> est professeur à l’École pratique des hautes études. Elle a publié de nombreux essais au Seuil, et notamment <em>La Crise sans fin. Essai sur l’expérience moderne du </em><em>temps</em> (2012).</p>

L’auteure

Myriam Revault d’Allonnes est professeur à l’École pratique des hautes études. Elle a publié de nombreux essais au Seuil, et notamment La Crise sans fin. Essai sur l’expérience moderne du temps (2012).

4ème de couverture

L'irruption de la notion de " post-vérité ", désignée comme mot de l'année 2016 par le dictionnaire d'Oxford, a suscité beaucoup de commentaires journalistiques, notamment sur le phénomène des fake news, mais peu de réflexions de fond. Or, cette notion ne concerne pas seulement les liens entre politique et vérité, elle brouille la distinction essentielle du vrai et du faux, portant atteinte à notre capacité à vivre ensemble dans un monde commun. En questionnant les rapports conflictuels entre politique et vérité, Myriam Revault d'Allonnes déconstruit nombre d'approximations et de confusions. Elle montre que le problème majeur de la politique n'est pas celui de sa conformité à la vérité mais qu'il est lié à la constitution de l'opinion publique et à l'exercice du jugement. L'exploration du " régime de vérité " de la politique éclaire ce qui distingue fondamentalement les systèmes démocratiques, exposés en permanence à la dissolution des repères de la certitude, à la tentation du relativisme et à la transformation des " vérités de fait " en opinions, des systèmes totalitaires, où la toute-puissance de l'idéologie fabrique un monde entièrement fictif. Loin d'enrichir le monde, la " post-vérité " appauvrit l'imaginaire social et met en cause les jugements et les expériences sensibles que nous pouvons partager. Il est urgent de prendre conscience de la nature et de la portée du phénomène si nous voulons en conjurer les effets éthiques et politiques.

Notre avis

Un ouvrage paru il y a moins de deux ans et qui conserve toute son actualité. L’importance prise par les tenants de la « post vérité » est symptomatique de notre société engagée sur la voie du relativisme. La « post vérité » est un renoncement à « dire vrai » qui annule toute confiance possible dans la parole, qu’elle soit scientifique, politique… Or, pour les sujets parlants que nous sommes qu’est-ce qui peut tenir lorsque la parole ne tient plus ? Une publication et une vidéo dans cette news pour éclairer les rapports complexes entre vérité et mensonge, qu’Aragon avait magistralement mis en lumière s’appuyant sur sa propre histoire de vie dans son roman « Le mentir-vrai ».

Couverture du livre : Éloge du retard
Photo de l’auteur : <h3>L’auteure</h3> <p>Hélène L’Heuillet est maître de conférences en philosophie à l’Université Paris-Sorbonne et psychanalyste. Elle a notamment publié, chez Albin Michel, <em>Du voisinage. Réflexions sur la coexistence humaine</em> (2016) et <em>Tu haïras ton prochain comme toi-même. Les tentations radicales de la jeunesse</em> (2018).</p>

L’auteure

Hélène L’Heuillet est maître de conférences en philosophie à l’Université Paris-Sorbonne et psychanalyste. Elle a notamment publié, chez Albin Michel, Du voisinage. Réflexions sur la coexistence humaine (2016) et Tu haïras ton prochain comme toi-même. Les tentations radicales de la jeunesse (2018).

4ème de couverture

Une angoisse nous hante : être en retard. Nous vivons notre vie quotidienne, notre travail, l’éducation de nos enfants, et même nos vacances dans une telle crainte du retard que nous finissons par être en avance sur tout, par tout anticiper, et par fabriquer tant de précocité que le sentiment de vivre nous abandonne. Nous avons perdu le sentiment du temps, et avec celui-ci le sentiment de notre existence. Ce livre nous montre qu’il n’est pourtant pas difficile à retrouver.
Être en retard, c’est faire l’école buissonnière, prendre des chemins de traverse, ne pas aller droit au but, c’est introduire d’infimes variations qui peuvent faire dérailler les rouages bien huilés de nos vies trop machinales. C’est finalement vivre. Face aux valeurs dominantes de nos sociétés modernes – fluidité, flexibilité, urgence et vitesse – et aux pathologies qui en découlent, le retard, un « laps » de temps qui nous permet de ressaisir notre condition temporelle, devient une véritable stratégie de résistance.

Notre avis

Un ouvrage paru dans les premiers jours de l’année et qui tombe à point nommé durant ces nombreuses semaines confinées. Ainsi suspendus, passer à côté de la question du temps et de notre rapport à ce dernier supposerait une déconnexion radicale. Alors penser le temps sous l’angle du retard alors que nos rythmes sont bouleversés est une astucieuse ne nous faire nous approcher de ce qui nous fait tant courir.

Couverture du livre : Les nouveaux travailleurs des applis

Les auteures

photo de l’auteure : Sarah Abdelnour

Sarah Abdelnour est Maîtresse de conférences en sociologie à l’université Paris-Dauphine. Ancienne élève de l’ENS de Cachan et agrégée de sciences économiques et sociales, elle a réalisé une thèse de sociologie à l’EHESS sur le régime de l’auto-entrepreneur. Elle a publié Les nouveaux prolétaires (éditions Textuel, 2012) et aux Puf, Moi, petite entreprise (2017).

photo de l’auteure : Dominique Méda

Dominique Méda, agrégée de philosophie, ancienne élève de l‘École Normale Supérieure et de l’École Nationale d’administration est professeure de sociologie à l’Université Paris Dauphine et chercheuse associée au Centre d’études de l’emploi. Elle est également titulaire de la chaire « Reconversion écologique, travail, emploi, politiques sociales » au Collège d’études mondiales. Elle a publié aux Puf Réinventer le travail (2013) en collaboration avec Patricia Vendramin.

4ème de couverture 

Quels impacts les applications numériques et Internet peuvent-ils avoir sur nos manières de travailler et sur nos statuts d'emploi ? En quoi le fait de commander un véhicule via une application plutôt que par téléphone constituerait la révolution que suggère le terme d’ « ubérisation » ? Le passage en ligne de la commande de travail a fourni l'occasion à de nombreuses entreprises de contourner le code du travail, tout en leur offrant de nouveaux outils de contrôle des travailleurs. Ces processus sont l'objet d'étude de cet ouvrage de chercheurs en sociologie et en droit, à partir d'enquêtes sur les chauffeurs et livreurs, les micro-travailleurs ou encore les chefs à domicile. Les diverses contributions permettent d'envisager les plates-formes numériques non seulement comme une innovation technique, mais aussi comme un nouvel espace où modifier les règles du jeu en matière d'emploi et de travail.

Notre avis

Par-delà innovation technique, les plateformes numériques apparaissent comme le lieu d’une redéfinition des règles du jeu en matière d’emploi et de travail. Entre marchandisation des activités de loisir et gratuité du travail, le « capitalisme de plate­formes » participe de l’émergence de formes renouvelées de sujétion de ceux qui y travaillent. Loin des idéaux d’une affichée « économie du partage », n’assiste-t-on pas au déploiement de nouvelles dynamiques du capitalisme avancé ?

À partir d’enquêtes sur les chauffeurs et livreurs, ou encore sur les chefs à domicile, cet ouvrage met au jour un retour à la « tâcheronnisation » des activités.

Couverture du livre : L'impasse collaborative
Photo de l’auteur : <h3>L’auteur</h3> <p>Eloi Laurent est économiste, il enseigne la social-écologie et l'économie écologique à l'Ecole de management et d'innovation de Sciences Po et à l'Université de Stanford.</p>

L’auteur

Eloi Laurent est économiste, il enseigne la social-écologie et l'économie écologique à l'Ecole de management et d'innovation de Sciences Po et à l'Université de Stanford.

4ème de couverture

Notre époque est marquée par un paradoxe : nous vivons simultanément le règne de la collaboration et le recul, peut-être même le déclin, de la coopération. Le problème est général et profond : la coopération est aujourd’hui dévorée par la collaboration. Or des sociétés collaboratives d’où l’esprit de coopération disparaît sont des sociétés frénétiques mais dévitalisées, nerveuses mais instables, et finalement conservatrices, car incapables d’innovation et d’adaptation. 

Ce livre dévoile trois visages de la crise de la coopération que nous traversons : l’épidémie de solitude, qui, plus que la montée tant décriée de l’individualisme, isole les personnes et les empêche de faire société ; l’avènement des nouveaux passagers clandestins – multinationales, 1 % les plus fortunés… –, qui, à force de contourner, ridiculiser et saboter règles fiscales et droit social, finissent par décourager la coopération ; enfin, la guerre contre le temps, induite par une transition numérique hypertrophiée et une transition écologique négligée, rendant incertain l’avenir de la coopération sous la pression conjuguée d’une accélération du présent et d’un obscurcissement du futur.

C’est pourquoi il nous faut reconquérir les imaginaires et reconstruire les institutions de la coopération. En dépassant les « mythologies économiques » pour sortir de la croissance et retrouver la bienveillance de l’économie civile et la profondeur de l’économie écologique ; en endiguant la concurrence fiscale et sociale – d’abord en Europe – afin de restaurer la puissance coopérative des systèmes sociaux et fiscaux ; enfin en décélérant la transition numérique pour accélérer la transition écologique.

Notre avis

Un ouvrage qui nous invite à décaler notre regard. Le parti pris de l’auteur est singulier : aborder les transformations du monde au travers de la question du lieu. L’espace, le lieu, le territoire, les frontières dessinées par les hommes au cours de l’histoire - le plus souvent par des conflits meurtriers - ont structuré notre rapport au monde, aux autres. La révolution technologique et digitale en cours va profondément transformer notre rapport au lieu. C’est à cette réflexion qu’avec talent, l’auteur nous convie.

Ouvrages

Photo de Philippe BIGOT
Philippe BIGOT
Photo de Fabienne BERNARD
Fabienne BERNARD
Photo de Emilie DEVIENNE
Emilie DEVIENNE
Photo de Roland GORI
Roland GORI
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Emmanuel GRATTON
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Reine-Marie HALBOUT
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Cécile JOLY
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Alex LAINÉ
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Pierre LE COZ
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Dina SCHERRER

Podcasts

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Le podcast du mois : L’ignorance librement consentie

Médiathèque

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Autour du mot accompagnement

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Coaching d’organisation : une vraie évidence ?

BIGOT Philippe

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Coaching et régulation sociale

VERNAZOBRES Philippe

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Quel changement de posture du praticien dans l'accompagnement ?

BIGOT, CHAUVET, DOUBLET, LHOTTELLIER

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Coaching individuel

FATIEN Pauline

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Les paradoxes du métier de coach

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Sources et ressources du coaching oriente solution

BIGOT Philippe

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Enjeux et fonctions de la supervision en coaching

BIGOT Philippe

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Coaching et dépendance psychique

BRUNNER Roland

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L'accompagnement entrepreneurial

BARES et PERSSON

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Coaching & psychothérapie

BRUNNER Roland

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La pratique réflexive

DEUM Mélanie

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La psychopathologie de l'échec et coaching

BRUNNER Roland

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Légitimité du coaching

PERSSON Sybil

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L'accompagnement est une intervention

VIAL Michel

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Les maux du coaching

FATIEN Pauline

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Eléments pour un coaching socioanalytique

JAILLON Dominique

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La place des outils dans le coaching

HALBOUT Reine Marie

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Pourquoi le coaching de gestionnaires
POILPOT-ROCABOY et CHARPENTIER
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Professionnalisme du coaching

JOUSSELLIN et VIENOT

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Psychologie, connaissance de soi et orientation

HALBOUT Reine Marie

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Accompagner n'est pas guider

VIAL Michel

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Coaching de gestionnaires

BARON et MORIN

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Rives et dérives du coaching

BIGOT Philippe

48,82 Ko
Le manager, le Coach et l'inspiration

NALET Isabelle et PASCAL Valérie

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Les interventions centrées sur les solutions en coaching

BIGOT Philippe

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L'intervention systémique brève de Palo Alto

BOUAZIZ Irène

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Coaching - Le défi éthique

MAUREY Catherine

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L'hygiène du coach

HALBOUT Reine-Marie

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Les cultures d'entreprise

PAYET Jean-Bernard

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Evaluation et coaching : quels liens

Michel VIAL

62,48 Ko
La démarche systémique et constructiviste dans la pratique du coaching

KOURILSKY Françoise

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La place de la déontologie dans le processus de coaching

SELLES Monique

42,75 Ko
Les contre-indications du coaching

BRUNNER Roland

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Le coaching dans tous ses états

TURNER et DELIVRE

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Limites du coaching en entreprise

DELIVRÉ François

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Les codes invisibles en entreprise

REBEYROLLE Marie

52,54 Ko
Considérations critiques sur les modèles maieutiques

LEGRAND Jean-Louis

Conférence sur le Coaching Orienté Solution® - partie n°1
De la résolution de problème à la construction de solution – Philippe Bigot
Conférence organisée par le Réseau des Formateurs UGS, qui a eu lieu le 16 novembre 2013 et qui avait pour thème "Le Coaching Orienté Solution" : le « coaching orienté solution® » est un modèle qui s'appuie sur une vision originale du changement individuel et collectif et oriente une pratique. Sur quoi se fonde cette pratique ? Qu'implique-t-elle pour l'accompagnant ? Quels enjeux et quels moments clés de la démarche ?

Philippe Bigot aborde ici les principaux postulats de sa méthode.

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Posture et imposture du consultant

HAEFLIGER Stéphane

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l'Equipe dans tous ses états

DEVILLARD Olivier

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Coaching d'équipe

CARDON Alain

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Le Coaching d'équipe existe-t-il vraiment ?

LENHART, BURNEY, THEOBALD et SCHILFARTH

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Efficacite du travail en equipe
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Facteurs de performance en équipe

LANGEVIN Pascal

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Fonctionnement interne d'équipe

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Guide pratique du travail collaboratif

PIQUET Alexandre

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Notions de groupe et d'équipe de travail

CHARRON C.

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Responsabilité et équipe de travail

Eduardo DAVEL, David ROLLAND et Diane-Gabrielle TREMBLAY

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TeamCooperation180
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Les approches psychosociologiques des organisations

DEACONU Alecxandrina  -  RASCA Lavinia

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Théories des organisations

MBIDA Ronald

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Culture d'entreprise

G LECRIVAIN

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Le développement personnel du dirigeant

LENHARDT Vincent

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Le management émancipant

BARBIER René

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La naissance de la théorie de l'organisation et du management

Dr. KARSTEN l.

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Organisation apprenante

CONJARD Patrick - DEVIN Bernard

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Le coaching, psychologisation des rapports sociaux?

SALMAN Scarlett

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Psychosociologie appliquée à l'organisation

HAMMAMI Samira

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Regard de psychanalyste sur la guerre économique

DEJOURS Christophe

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Regards sur l'organisation

BAUBAULT Bernadette

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Ethique et responsabilité

ROUVILLOIS Samuel

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Subjectivité et travail

DEJOURS Christophe

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Théories et stratégies du management

LEFEVRE Patrick

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Psychanalyse et management

CHASSE Bernard

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Audit social et changement organisationnel. Le rôle de cynisme

SERRANO et BRASSEUR

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Changement et processus d'adaptation

AUDETAT - VOIROL

La Mise à mort du travail

Rencontres et débats autrement, avec Jean-Robert Viallet et Vincent de Gaulejac

Moins de travail qu'avant, mais plus de stress

Vincent de Gaulejac, professeur de sociologie du travail Paris VII

La société malade de la gestion

La société malade de la gestion : conférence de Vincent DE GAULEJAC Sous une apparence pragmatique, la gestion constitue une idéologie qui légitime la guerre économique, l'obsession du rendement financier et qui est largement responsable de la crise actuelle. La culture de la performance et de la compétition met tout le monde sous haute pression : épuisement professionnel, stress, suicides au travail.

Vincent de Gaulejac - Travail les raisons de la colère

Vincent de Gaulejac, directeur du laboratoire de changement social à l'Université Paris 7 Denis-Diderot, auteur de Travail, les raisons de la colère (Editions du Seuil, paru le 3 mars 2011), est l’invité d’Audrey Pulvar dans le 6/7 de France Inter (6h50 - 22 mars 2011).

La société malade de la gestion

Rencontres et débats autrement - 1er juillet 2009 - Café du Pont neuf - Vincent de Gaulejac, directeur du Laboratoire de changement social, sociologue, clinicien et auteur d'une quinzaine d'ouvrages dont LA SOCIÉTÉ MALADE DE LA GESTION, paru en livre de poche aux éditions du SEUIL en mars 2009.

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Approches et mesures du stress

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Enquête OVAT sur la perception des RPS

Enquête OVAT sur la perception des RPS, parole aux salariés.
pour plus d'informations consultez le site: //www.travailler-mieux.gouv.fr et //mars-lab.com/

LE SUICIDE AU TRAVAIL - Entretien avec Christophe Dejours dans la Nuit de la Cogip (extrait)

Extrait du film "Le Travail Aujourd'hui: Bilan et Perspectives", un entretien très intéressant et très sérieux de Nicolas & Bruno avec Christophe Dejours (Psychiatre, psychanalyste, professeur au CNAM et Directeur du Laboratoire de psychologie du travail et de l'action), diffusé dans La Nuit de la Cogip sur Canal+. 26 minutes d'entretien illustré de Messages à Caractère Informatif.

Christophe Dejours stress au travail / 1er partie

Intervention de Christophe DEJOURS, médecin-psychiatre, professeur au CNAM : introduction à l’analyse des problèmes de santé au travail.
Rendez-vous d’automne de l'ANM, Association Nationale des Médiateurs. Au Palais Bourbon le 24 octobre 2008

Christophe Dejours stress au travail / 2° partie

Intervention de Christophe DEJOURS, médecin-psychiatre, professeur au CNAM : introduction à l’analyse des problèmes de santé au travail.
Rendez-vous d’automne de l'ANM, Association Nationale des Médiateurs. Au Palais Bourbon le 24 octobre 2008

La mise à mort du travail - france inter

Christophe Nick, producteur de la série documentaire « La mise à mort du travail » et Paul Moreira, co-auteur avec Hubert Prolongeau de « Travailler à en mourir : quand le monde de l'entreprise mène au suicide » étaient les invités de Pascale Clark dans Comme on nous parle sur France Inter (09h35 - 26 Octobre 2009).

J'ai mal au travail ! - France Inter

Alain Le Gouguec reçoit dans le 7/10 de France Inter, Danièle Linhart, sociologue du travail, directrice de recherche au CNRS et Marie Pezé, psychanalyste (08h20 - 30 Octobre 2009).

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