Édito du mois

Irremplaçables

« Nul n’est irremplaçable », une phrase que l’on entend chaque jour, dès lors qu’il s’agit de commenter le départ, le remplacement, l’éviction de quelqu’un que ce soit au travail, dans la vie intime, amicale…. La formule, inlassablement répétée, s’est transmise au point de se présenter comme une évidente vérité là où, elle n’est qu’un lieu commun éculé.

En suivant la formule, on comprend vite que n’étant pas « irremplaçables », les personnes sont alors « remplaçables » avec un glissement vers l’interchangeabilité. De prime abord, la phrase parait banale, inoffensive ; mais ses effets sont dévastateurs. A saper le principe fondamental de l’irremplaçabilité du sujet, c’est la déshumanisation que l’on sacralise. Qu’on ne s’y trompe pas, être irremplaçable n’a rien à voir avec un refus d’être remplacé, c’est en revanche avoir la conscience aigüe que la responsabilité implique une exigence d’irremplaçabilité. A l’heure où les processus de subjectivation au sein de l’État de droit sont plus que jamais fragilisés, il est essentiel que ce dernier ne cède rien sur les principes qui le fonde. Un individu dans un État de droit doit pouvoir « devenir sujet » et trouver des alternatives à l’individualisme forcené érigé comme modèle. L’individualisme éloigne de l’individuation qui est garante de la vitalité de la démocratie. L’enjeu apparait nettement : retisser les liens entre l’individu et le collectif. Le principe de l’irremplaçabilité du sujet est un pilier qui autorise à vivre ensemble, il doit être une revendication sur laquelle ne pas transiger. Car si nous sommes une société d’individus, être sujet de son histoire et de son devenir n’est jamais donné a priori. Chaque individu aura son chemin particulier pour y tendre. Il lui appartient de le découvrir au travers des espaces existants ou à venir. Agir, s’impliquer personnellement est aussi une façon de faire vivre l’individuation. Ne faut-il pas oser faire ce que réellement on peut faire ? Devenir irremplaçable, c’est alors former une singularité qui n’est plus sous la tutelle dont elle s’est affranchie. Une façon de lutter contre un nihilisme ambiant et de ne rien lâcher : ni de soi (et donc de son irremplaçabilité) ni du souci des autres, ce qui tend à se rejoindre. Ce n’est qu’au cœur d’un collectif que les sujets peuvent s’affirmer. Reliés et singuliers.

La fin de la complexité

Le pragmatisme binaire a de beaux jours devant lui. Allié naturel d’un utilitarisme conçu comme une finalité en soi, il n’aurait d’autre ambition que de nous permettre de simplifier la compréhension d’un monde devenu fort complexe. Et tant pis si la simplification ne fait que maquiller le simplisme. Pourquoi s’embarrasser des savoirs lorsque toute une pensée peut être dite dans un tweet ?

La question que pose l’utilitarisme forcené porte sur les savoirs : à quoi sert de savoir un savoir qui ne sert pas concrètement ? A situer l’utilité du savoir sous l’angle de la rentabilité, d’un pragmatisme immédiat, d’une efficacité dans l’exécution des tâches, alors en effet : le savoir, la lecture, la culture… ne servent à rien ! C’est ça l’utilitarisme avec ses apparats idéologiques : posséder les savoirs dont on a besoin, et pas plus… Alors les choses deviennent (enfin) simples ! Utilitarisme et culture ne font guère bon ménage comme nous le rappelle le mouvement « d’anti-intellectualisme » venu d’outre-Atlantique. Trop de savoir encombre, il incite à se poser des questions qui détournent de la finalité : la production et la consommation. Le nouveau cogito « Je consomme donc je suis » serait une fin en soi. Mais réserver les savoirs à quelques-uns n’est pas sans conséquence pour le « vivre-ensemble ». A polariser sur les seuls savoirs utiles on s’éloigne de la culture qui n’est pas seulement « utile » mais est indispensable. Elle est le propre de l’humain qui doit notamment apprendre dès son plus jeune âge à renoncer à nombre d’actes qui pourtant lui seraient bien plaisants. Soit parce que ces actes sont impossibles, soit parce qu’ils sont interdits. Sublimer est la voie qui autorise la société des Hommes. La tragédie Antique mettant en scène les conflits et tendances humaines les plus intimes remplissent aussi cette fonction de sublimation (et d’abréaction), au-delà de leur poésie et de leur esthétisme. Une idéologie qui engage une société dans le dénigrement de la culture et de « sa » culture ne fait que labourer le terrain de la violence. La citation d’Herriot garde toute son actualité : « La culture, c’est ce qui demeure dans l’homme lorsqu’il a tout oublié ». Une pensée simplificatrice au service d’un pragmatisme aculturé n’est pas qu’un mouvement, c’est une idéologie débouchant sur un modèle de civilisation. A l’instar du réchauffement climatique, nous pouvons en voir dans le monde, les effets.

Madame Tang Yu

La Chine n’est pas réputée pour son engagement sur la cause féministe et, en particulier, l’égalité entre femmes et hommes. Aucune donnée statistique ne semble accessible et, peut-être même existante, sur ce sujet dans l’Empire du Milieu. C’est donc à un big-bang auquel le monde assiste avec la nomination, il y a quelques semaines d’une femme, Madame Tang Yu à la tête d’une entreprise d’importance. Elle va ainsi présider au devenir de la principale filiale de la société, Fujian NetDragon Websoft, laquelle est spécialisée dans le « métavers ». Un enjeu majeur du numérique pour les années qui viennent et pour lequel chinois et américains semblent engagés dans une compétition effrénée.

Bien sûr Madame Tang Yu n’est pas arrivée par hasard à cette place, elle a su démontrer son engagement, sa compétence autant que sa loyauté durant plusieurs années dans la fonction de « numéro 2 » dans l’entreprise. Nous l’imaginons sous l’autorité d’un PDG qui aura su la préparer à exercer cette fonction. Car le défi est de taille pour Madame Tang Yu. Il lui faudra faire face dans un environnement aux enjeux stratégiques et mondiaux, maintenir la position de l’entreprise et aura à gérer dix milliards de dollars chaque année, manager une entreprise de plusieurs milliers d’employés dont l’effectif, pour l’essentiel, se compose d’ingénieurs avec fort peu de femmes dans les rangs. Sans oublier de rendre compte sans jamais déplaire au Parti qui a la main sur tout en Chine, et plus encore dès lors qu’il s’agit d’un terrain d’affrontement avec les Américains. Et c’est bien le cas avec le « métavers ». Pour ce que l’on peut en savoir, Madame Tang Yu a reçu une feuille de route avec des orientations précises : rationaliser toujours les flux de processus, améliorer la qualité des tâches de travail et la vitesse d'exécution. Bref, elle est dédiée à la performance de l’entreprise. Madame Tang Yu semble prête à faire ce qu’il faut, la réussite de sa mission est sa priorité absolue. Elle travaillera beaucoup, sans cesse et renoncera aux vacances et au bon temps pour atteindre ses buts et ceux qui lui sont assignés. Pour autant, la question reste ouverte et même tenaille les esprits désireux d’aller au fond des choses. Pourquoi donc Madame Tang Yu a-t-elle été promue à ce poste ? Ses compétences ? sans doute. Sa dévotion à sa mission et au Parti ? sans doute. Un acte politique du Parti pour soutenir la cause des femmes ? improbable. Si les femmes étaient absentes lors de la création du Parti communiste chinois, leur représentation reste non seulement marginale mais surtout cantonnée aux rôles et fonctions de figuration. Alors pourquoi Madame Tang Yu ? Pour une raison qui tient en deux lettres : IA. L’intelligence Artificielle. Car Madame Tang Yu est un robot humanoïde ! Elle est le premier robot dont les algorithmes qui lui servent de circuits neuronaux vont piloter les destinées de l’entreprise et de ses milliers d’employés. Alors Madame Tang Yu va pouvoir travailler 24h/24h, ne prendre aucune vacance, ne revendiquer aucun salaire… Nous imaginons bien qu’elle n’est pas seule aux commandes de l’entreprise puisqu’elle est programmée par des humains qui ne vont cesser de développer son programme. D’ailleurs, l’histoire ne dit pas si ce sont des femmes qui font les programmes. Il est permis d’en douter. Quelques expériences sectorielles de l’IA dans la direction, la gestion et la prise de décision en entreprise avaient été menées. Facebook avait procédé à des licenciements (en grand nombre) par l’intermédiaire d’un programme d’algorithme. Amazon a pisté ses employés pas suffisamment productifs grâce à l’IA jusqu’au déclenchement de la lettre de licenciement. Le tout sans intervention humaine. L’argument revient inlassablement pour justifier ce type d’usage de l’IA. La rationalité. En effet, Madame Tang Yu étant dépourvu de sentiments malgré les efforts faits pour lui donner apparence humaine, elle saura prendre les seules décisions qui vaillent : celles qui sont rationnelles ; et au service du business ce qui n’est pas dit dans l’argument mais qu’il faut déduire. Évacuer la subjectivité humaine, prochaine étape d’une idéologie économique prêt à tout saccager pour « un toujours plus » d’argent ?

Catastrophe...

Voici une nouvelle rentrée placée sous le signe de la catastrophe que nombre d’experts « ès catastrophes » prédisent. Un premier tri s’impose avec d’un côté le catastrophisme comme fond de commerce de celles et ceux de nos politiciens qui en font un instrument, de celles et ceux pour qui la pensée complotiste est un acte de vérité, de celles et ceux pour qui le pessimisme est la seule façon d’appréhender la réalité ; et repérer de l’autre côté, un catastrophisme fondé sur les faits, les analyses qui en découlent et, les prévisions qui les accompagnent. Comment ne pas être pris par une peur exagérée face à la catastrophe alors qu’elle n’est pas un risque connu ? Les temps changent et le catastrophisme d’hier et celui d’aujourd’hui semble bien avoir changé de nature…

Notre histoire collective ne manque pas de catastrophes, la grande peste noire du moyen-âge qui décima la moitié de la population européenne ; la shoah mot hébreu pour désigner l’innommable extermination de six millions de personnes en raison de leur judéité. La liste serait bien longue à poursuivre. Sur un tout autre registre presque folklorique, rappelons-nous les discours de nombreux groupes notamment millénaristes annonçant la fin du monde, un peu avant le passage à l’an 2000. Et si une catastrophe n’en chasse pas une autre, il s’avère que la nature de la catastrophe a muté. Le mot catastrophisme jusqu' il y a peu, n'était pas une catégorie ; en effet, le catastrophiste était celui qui voyait des catastrophes partout, qui exagérait chaque danger, anticipant la fin « de tout » et incarnant à lui seul les ressorts de la fable Pierre et le loup. Le catastrophisme, était alors, une sorte de pathologie fondée sur des croyances individuelles susceptibles de s’étendent à un groupe. En quelque sorte, une pathologie du rapport à la catastrophe se faisant alors destructrice. Le catastrophisme aujourd'hui ne désigne plus seulement cette pathologie subjective et principalement individuelle ; sa nature a muté puisqu’elle n’est plus maintenant de l’ordre de la croyance mais du fait démontrant la possibilité d’une destruction, incommensurable, incompensable par une assurance ou une réparation relative à notre existence même. Le catastrophisme est le symptôme du problème de notre temps, ce problème possible de la fin du monde, d'une catastrophe réelle et globale. Elaboré récemment dans le champ de la philosophie, le catastrophisme est devenu une catégorie générale qui vise à penser notre histoire sous le signe du risque global, du risque de destruction totale, et d'en faire un outil de réflexion et surtout de débats. Impossible d’oublier les images des feux, des inondations, des températures insoutenables de l’été en certains endroits de la planète comme autant de signaux d’une catastrophe annoncée. Notre planète n’en peut plus de l’exploitation que l’homo economicus lui inflige. Les ressorts de la catastrophe sont connus, l’heure n’est plus aux mesurettes mais au pragmatisme des solutions à déployer. A l’instar des autres champs, les solutions ne sauraient ici se construire dans l’espace problème et avec les termes de ce dernier. C’est à un changement de « niveau 2 », pour reprendre les termes de « Palo Alto », c’est-à-dire à un changement de paradigme que nous engage l’état de la planète. L’enthousiasme de participer à la transformation menant vers un monde qui préservera le vivant peut alors se substituer – au moins en partie – à la peur de la catastrophe. Une page de l’histoire du devenir de l’humanité est en train de s’écrire dont nous devons, individuellement et collectivement, nous considérer auteur et acteur.

La valeur de la valeur…

Qu’on se le dise, il existe un indicateur mondial des valeurs d’entreprise. Après tout, la passion évaluative et la part de folie qu’elle contient étant de mise, pourquoi pas un indicateur, de plus. Qu’est-ce que nous apprend ce nouvel indicateur, études et statistiques à l’appui ? Tenez- vous bien chers lecteurs : il existe un lien entre les résultats financiers d’une entreprise et le niveau de motivation de ses collaborateurs. Voici qui est proprement révolutionnaire… ! Et, toujours selon ces études, la motivation des personnes est d’autant plus forte lorsque la « culture d’entreprise » l’est aussi. De là à penser que les gens sérieux qui ont travaillé sur ces études et fait parler les statistiques ont trouvé le moyen de réinventer la roue, il n’y a qu’un petit pas faire… Allons faisons-le !

Innovation, intégrité et responsabilité est le tiercé gagnant des valeurs les plus affichées. L’indicateur mondial des « experts » exprime les valeurs en « familles et catégories ». Il montre notamment une prévalence de la catégorie de valeurs exprimant la compétence de l’entreprise : celles qui énoncent professionnalisme et savoir-faire. La seconde catégorie de valeurs la plus représentée est celle montrant une démarche dite de conquête qui s’exprime par des valeurs telles que : ambition, esprit d’entreprise, innovation… La catégorie de valeurs arrivant en dernière position du classement mondial ? Les valeurs dites sociales c'est-à-dire celles qui se réfèrent au management, aux relations sociales et de travail, à la justice, à l’évolution des individus, à l’expression et à la participation des personnes… Le paradoxe devient alors évident : comment une culture d’entreprise pourrait être forte si elle ne laisse pas une place importante, pour ce pas dire centrale à ce type de valeur et cela dans la mesure où ce sont les personnes qui portent la culture d’entreprise ? Selon les « experts » ce classement –qui change chaque année- des valeurs affichées par les entreprises serait le reflet des préoccupations de la société moderne. Y aurait-il donc dans ce palmarès la valeur opportunisme ? Comme si les valeurs étaient interchangeables d’une année sur l’autre, comme si les entreprises pouvaient revendiquer les mêmes. Mais sur le fond, quelle peut être l’efficience de valeurs affichées qui ne sont pas réfléchies, partagées et décidées avec l’ensemble des collaborateurs ? Quel est le sens de valeurs qui ne seraient pas enracinées dans une histoire, celle de l’entreprise et des personnes qui la font ? Et quels sont les coûts et conséquences de ces valeurs affichées au mépris de la réalité vécue dans l’entreprise ?

Coopérons !

Dans le monde de l’économie, l’éco-darwinisme serait un monde de luttes acharnées et féroces pour la survie ; un monde dans lequel il n’y a de places que pour les meilleurs, ceux qui savent s’adapter. Un monde dans lequel le marché et sa loi impitoyable font le tri, le faible est condamné à disparaître, le fort est condamné à le rester… aux dépens des autres. Dans ce monde-là, les finalités de l’adaptation et de la survie l’emportent sur les moyens. Bref, selon ces théories Darwin serait d’une absolue modernité. A ceci près que Darwin n’a pas inventé le darwinisme économique et que rien ne prouve qu’il ait été darwinien…

Et si Darwin était d’actualité pour d’autres raisons que celles avancées dans les discours convenus et qui se présentent in fine comme fondements anthropologiques de rapports socio-économiques, plus connus sous l’appellation (non contrôlée) de néolibéralisme… Il est tout de même curieux de constater que dans son ouvrage princeps, « L’origine des espèces », Darwin ne dit rien, ou presque de l’Homme. De là à penser à une mystification… Mais il y a mieux, en termes d’actualité cette fois. Dans un autre ouvrage - « La filiation de l’homme » - Darwin évoque les sociétés humaines et y développe une vision dans laquelle il fait tenir à la coopération, une dimension et une place prépondérantes. En résumé, tout le contraire du discours habituel ! Selon Darwin, la coopération - indispensable entre êtres humains - est sous-tendue par le processus de sélection naturelle lui-même. Bien que concurrence soit le maître-mot du discours économique, il n’en reste pas moins que nous vivons au quotidien auprès d’êtres humains dont nous avons besoin, de qui nous obtenons du soutien et à qui nous apportons du soutien. Et ces derniers sont bien plus nombreux que nos concurrents. Qu’il s’agisse de notre boucher, du mécanicien chargé de l’entretien de notre engin roulant ou encore de l’équipe de travail avec laquelle on déploie sa mission, nous ne pouvons que nous satisfaire que chacun effectue bien son travail et soit indisposé lorsque ce n’est pas le cas. Ne serait-ce pas le contraire s’ils étaient nos concurrents ?... Et puis, la concurrence n’est pas en soi un gros mot, et n’exclut nullement l’éthique. Darwin avait observé qu’un groupe solidaire est en concurrence avec d’autres groupes, également solidaires. Concurrence qui devient alors un élément indispensable pour le développement du soutien réciproque dans le groupe. Aussi, en temps de crise, que la solidarité humaine s’en trouve renforcée n’est pas un effet du romantisme mais une donnée observable. Même les tribulations d’Astérix et de son village témoignent bien de ce phénomène, face à la menace et aux difficultés la coopération est une solution… Parfois la seule voie comme l’indique la théorie des jeux. Alors, coopérons…

De l’ignorance et du savoir…

Qui n’a pas fait l’expérience d’une commande de livre faite sur le net ? Tellement simple, il suffit d’entrer le titre de l’ouvrage pour le recevoir quelques jours plus tard. Et dans le même temps des suggestions apparaissent lors de nos navigations suivantes : vous avez acheté ceci alors vous aimerez cela. La magie des algorithmes qui modélisent nos comportements et nos goûts opère ! Mais alors que devient le plaisir de trouver ce que l’on ne cherchait pas ? Les tenants de l’algorithme trouveront à argumenter que de liens en liens nous découvrons des lieux inconnus, mieux encore, que des recommandations auxquelles on ne s’attendait pas peuvent nous être proposées. Face à cette logique, il nous reste la voie de la radicalité…

La radicalité serait d’affirmer que l’on ne sait pas que l’on ne sait pas. Soit une vraie position d’ignorance face à la prévisibilité, les réseaux et la modélisation. Trouver ce que l’on ne cherchait pas serait ainsi la voie de l’ouverture, de la découverte et pour le dire savamment, de la sérendipité. Il est bien entendu que l’on sait que l’on ne sait pas tout… et pourtant, la proposition ici va plus loin puisqu’il ne s’agit pas de reprendre la célèbre formule de Socrate : « je sais que je ne sais rien ». Il s’agit d’affirmer : je ne sais pas que je ne sais pas. Le paradoxe n’est pas bien loin. Illustrons avec le livre. Ainsi, je ne sais pas que je peux lire tel ou tel livre car je ne sais pas que tel ou tel livre existe. Je ne connais pas plus l’existence de leurs auteurs. Je peux dire que je sais que je n’ai pas lu Proust parce que je connais l’existence de Proust et de son œuvre, mais que dire de tous ces auteurs et par là, de tous ces livres dont j’ignore l’existence ? Et plus largement, que puis-je dire de toutes ces choses que je ne sais pas alors même que je ne sais pas qu’elles existent ? La question devient épineuse, formulons-là ainsi : comment faire pour cultiver son ignorance et trouver ce qu’on ne cherchait pas ? Le propos ici ne consiste pas à défendre l’ignorance en tant que telle et de l’ériger en vertu ; pas plus que ce propos serait une invitation à s’y complaire. Car s’il devait s’agir de se vautrer dans l’ignorance ce serait pour avoir le plaisir d’en être extrait. L’ignorance forme le fond de tout projet de savoir, elle est à l’origine d’une pulsion de savoir qui peut ouvrir au plaisir d’apprendre, de découvrir, d’être surpris. Il s’agit donc de s’y complaire pour avoir le plaisir d’en être éjecté ! Plus que cultiver l’ignorance pour elle-même, il s’agit de cultiver une attitude d’ignorance qui nous rend disponible à l’inconnu…. De cet inconnu qui fait rêver alors même qu’il nous échappe. A l’image de cette expérience que produit en nous un livre qu’on feuillette en librairie, nous l’ouvrons et tombons sur une phrase qui nous interpelle, éveille notre curiosité, entraîne un écho. N’est-ce pas là ce qui se passe avec toute chose que l’on apprend ? Ne pas savoir que l’on ne sait pas est peut-être une idée évidente et banale, mais pas si simple à reconnaître et à accepter.

Communiquer n’est pas parler…

Les champs de la parole et ceux de la communication en viennent à se resserrer et parfois, à se confondre. La langue et les formes de langage se transforment au fil du temps et s’imprègnent des tendances du moment. La langue est du côté du vivant, les mots eux-mêmes « font leur vie ». Rabattre la fonction de la parole à la seule fonction communicationnelle du langage n’est pas sans effet pour les êtres parlant que nous sommes. L’irruption du langage informatique dans le langage de tous les jours est un phénomène qui alimente la confusion entre parler et communiquer.

Bien que le phénomène ne soit pas récent et qu’il ait pu impliquer d’autres champs, nous pouvons observer que notre langue quotidienne s’est informatisée ces temps derniers. De plus en plus de mots du champ lexical de la machine, des ordinateurs, ou, de l’informatique de manière plus générale ont envahi notre langage. Ainsi, les modes de pensées et leurs prémices sont devenus des « logiciels », changer de logiciel venant alors signifier le « remplacement » d’un mode de pensée. Les rendez-vous ne sont plus définis mais nous voilà programmés : « vous êtes programmé pour lundi 16h00 », il n’est donc plus question de planifier un horaire mais de programmer la personne. Une pensée obsessionnelle tourne aujourd’hui « en fond d’écran ». A cela viennent s’ajouter toutes les attitudes et comportements qualifiés de « en mode de » se disant « je suis en mode… » ; mode désignant bien souvent une fonction informatisée ou numérisée, de celles dont regorgent nos téléphones.  J’entendais récemment quelqu’un dire qu’il se mettait en « mode silencieux » durant toute la réunion… Effet de langage ? Métaphore pour ne dire explicitement quelque chose ? Trait d’humour dans la formulation ? Autrement dit, est-ce là un phénomène banal ou y a-t-il des effets plus profonds à ce phénomène ? Le déplacement d’un registre du langage, ici informatique, au registre de la langue entraine une confusion entre communiquer et parler. Le langage est alors ramené à une seule fonction de code et ainsi d’information. Le langage est la faculté de parler une langue là où, communiquer vise à échanger des informations, parler c’est trouver son chemin particulier et singulier dans un ordre du langage qui préexistait bien avant notre naissance et permettait même que nous soyons « parlés » avant notre arrivée ! Parler est une façon pour chacun de faire vivre une fonction symbolique que permet le langage, et, qui fonde la nature de l’humanité. Dans l’ordre du langage, chaque langue est une vision du monde comme le souligne le philosophe Souleymane Bachir Diagne. Alors si nous communiquons pour échanger des informations, nous ne saurions nous réduire à la seule fonction d’émetteur et de récepteur. Or, à l’heure où la performance est le leitmotiv et pas uniquement dans le monde du travail mais dans le quotidien ; il y a une cohérence à ce que chacun cherche en permanence à gagner en efficacité et en rapidité, à la manière de nos machines et logiciels qui « process » et « automatisent ». Alors que l’informatique est synonyme d’efficacité, de rapidité, de pragmatisme, il est probable que son langage s’immisce dans nos discours pas seulement pour faire moderne, mais parce que ça redéfinit notre rapport au temps que d’utiliser des sigles ou des mots techniques ou informatiques. Un langage pour être toujours plus efficace et dans un gain de temps lui aussi gage d’efficacité. Et la question demeure : pourquoi ?

Livre du mois

Couverture du livre : La patience des traces
Photo de l’auteur : <p>Jeanne Benameur est une écrivaine française née le 12 juillet 19521 à Ain M'lila en Algérie d'un père algéro-tunisien et d'une mère italienne. Jeanne Benameur a trois sœurs et un frère. </p>

Jeanne Benameur est une écrivaine française née le 12 juillet 19521 à Ain M'lila en Algérie d'un père algéro-tunisien et d'une mère italienne. Jeanne Benameur a trois sœurs et un frère. 

Psychanalyste, Simon a fait profession d’écouter les autres, au risque de faire taire sa propre histoire. À la faveur d’une brèche dans le quotidien – un bol cassé – vient le temps du rendez-vous avec lui-même. 

Notre avis

La rencontre avec soi passe par la rencontre avec l’autre, un roman qui parle d’un cheminement vers la liberté. Une belle écriture qui emporte son lecteur. Une rencontre.

Couverture du livre : L'inconscient ou l'oubli de l'histoire
Photo de l’auteur : <p>Historien et un musicien français. Historien du corps, des sensibilités et des imaginaires, ses recherches sont consacrées à l'histoire des mœurs européennes du <abbr title="19ᵉ siècle">XIXe</abbr> siècle. Comme musicien, il a été un membre actif de Jack the Ripper, The Fitzcarraldo Sessions et Valparaiso. Codirecteur de la revue Sensibilités, il est notamment l’auteur de Vertiges de la guerre et de Kaspar l'obscur ou l'enfant de la nuit.</p>

Historien et un musicien français. Historien du corps, des sensibilités et des imaginaires, ses recherches sont consacrées à l'histoire des mœurs européennes du XIXe siècle. Comme musicien, il a été un membre actif de Jack the Ripper, The Fitzcarraldo Sessions et Valparaiso. Codirecteur de la revue Sensibilités, il est notamment l’auteur de Vertiges de la guerre et de Kaspar l'obscur ou l'enfant de la nuit.

Nourri d’histoire des sensibilités, de sociologie psychologique et d’anthropologie critique, ce livre voudrait montrer en quoi notre vie psychique profonde est tout imprimée d’histoire. Pour s’en convaincre, il n’est qu’à scruter, sur la longue durée, les lentes transformations du refoulement pulsionnel et du contrôle des émotions. Elles sont étroitement corrélées aux révolutions silencieuses de nos moeurs, aux altérations souterraines de notre vie affective, aux déplacements discrets des désirs et des interdits, des seuils de pudeur et des frontières de l’intime. De là il faut conclure à l’existence de troubles d’époque et de névroses de classe. Et puis songer aussi au perpétuel renouvellement des fantasmes à partir desquels se meuvent les êtres intérieurs, aux variations du symbolisme des rêves, calquées sur les évolutions de l’imaginaire social et non sur des archétypes universels, ou encore aux mutations sourdes des complexes psycho-affectifs (dont l’OEdipe) au gré des métamorphoses de la famille, de la parenté et des rapports de genre.
Cet ouvrage invite ainsi la psychanalyse et toutes les sciences psychologiques à considérer qu’il a sans doute fallu des siècles d’histoire pour façonner les inconscients qui sont les nôtres. Une chose paraît d’ailleurs certaine : à trop séparer la psyché du social-historique, nous avons longtemps ignoré jusqu’à quel point notre vie affective et psychique demeure, dans ses strates les plus enfouies et obscures, pétrie de social et d’histoire. 

Notre avis

Historien des affects et des imaginaires, Hervé Mazurel est maître de conférences HDR à l’Université de Bourgogne, il part d’une hypothèse : et si l’inconscient lui-même n’échappait pas à l’histoire ? ce livre voudrait montrer en quoi notre vie psychique profonde est tout imprimée d’histoire.

Couverture du livre : Pourquoi croit-on ?
Photo de l’auteur : <p>Thierry Ripoll est Professeur de psychologie cognitive à l’Université d’Aix-Marseille et membre du Laboratoire de Psychologie Cognitive. Ses recherches concernent plusieurs grands domaines de la psychologie. Parallèlement, il s’est intéressé aux représentations philosophiques intuitives de la relation esprit/cerveau. Il est notamment l’auteur de <em>De l’esprit au cerveau</em> (éd. Sciences Humaines, 2018).</p>

Thierry Ripoll est Professeur de psychologie cognitive à l’Université d’Aix-Marseille et membre du Laboratoire de Psychologie Cognitive. Ses recherches concernent plusieurs grands domaines de la psychologie. Parallèlement, il s’est intéressé aux représentations philosophiques intuitives de la relation esprit/cerveau. Il est notamment l’auteur de De l’esprit au cerveau (éd. Sciences Humaines, 2018).

Comment la psychologie cognitive explique les croyances. On oublie souvent que l'humain se distingue des autres espèces animales par sa propension à croire en l'existence d'un monde surnaturel. C'est ainsi que derrière la banalité d'un réel immédiatement accessible, il y aurait un monde proprement spirituel doté de forces qui nous échappent et qui pourtant infléchissent puissamment nos vies. La prise en compte de cette réalité dissimulée serait susceptible de donner un sens à notre existence, de la rendre plus acceptable et plus maîtrisable...
Nous sommes là dans l'univers de la croyance. Dans ce livre, Thierry Ripoll, Professeur de psychologie à l'Université d'Aix-Marseille, s'attelle à la passionnante et troublante tâche d'identifier les processus psychologiques et cérébraux qui nous conduisent à croire une multitude de choses (simples superstitions, croyance en l'existence d'énergies non matérielles, pouvoir des rituels et des prières, capacités extrasensorielles, croyances religieuses, théories du complot...).
Ces processus, pour la plupart inconscients, n'épargnent personne, pas mêmes ceux qui affichent un scepticisme radical. A des degrés divers, les croyances trouvent toujours un espace pour se développer et conditionnent souvent à notre insu, nos vies, nos décisions, nos choix et notre rapport au monde. S'il ne fait aucun doute que les croyances sont des réponses naturelles aux difficultés inhérentes que tout un chacun rencontre dans sa vie et si elles participent en partie à notre équilibre psychique, elles n'en constituent pas moins de redoutables tremplins à des comportements potentiellement dangereux pour le croyant comme pour la société dans laquelle il vit.
En comprendre l'origine est donc essentiel. Dans ce livre instructif et mordant, Thierry Ripoll apporte un éclairage nouveau sur ce sujet épineux et sociétalement crucial. 

Notre avis

L’auteur, Professeur de psychologie à l'Université d'Aix-Marseille, met en évidence les processus psychologiques et cérébraux qui nous conduisent à développer une multitude de croyances. Il décrit avec précision les processus inconscients qui façonnent chacun de nous ; la démonstration de l’auteur arrivant à la conclusion qu’on ne peut pas ne pas avoir de croyance. A moins qu’il ne s’agisse là que d’une croyance…

Couverture du livre : Gouverner par l'emploi
Photo de l’auteur : <div> <div> <div> <div> <div> <p><strong>Camille Dupuy</strong> est maîtresse de conférences en sociologie à l’Université Rouen Normandie, chercheuse au DySoLab et membre du Centre d’études de l’emploi et du travail.</p> <p><strong>François Sarfati</strong> est professeur des universités en sociologie à l’Université d’Évry-Paris Saclay, chercheur au Centre Pierre Naville et membre du Centre d’études de l’emploi et du travail.</p> </div> </div> </div> </div> </div>

Camille Dupuy est maîtresse de conférences en sociologie à l’Université Rouen Normandie, chercheuse au DySoLab et membre du Centre d’études de l’emploi et du travail.

François Sarfati est professeur des universités en sociologie à l’Université d’Évry-Paris Saclay, chercheur au Centre Pierre Naville et membre du Centre d’études de l’emploi et du travail.

Gouverner par l’emploi, c’est considérer que l’emploi est un totem, que c’est l’objet autour duquel et pour lequel la société doit s’organiser. Gouvernants et gouvernés s’inscrivent alors dans une conception néolibérale du monde où l’État se met au service du marché, où les individus consentent à revenir sur leurs droits dans l’espoir d’obtenir un emploi et avec lui, une place dans la société.

Notre avis

A partir de l’exemple fort intéressant de « l’école 42 », les auteurs de l’essai élaborent un ensemble d’idées et propositions autour d’une question centrale : La formation a-t-elle vocation à n’être mise qu’au service de l’emploi ?

Couverture du livre : La raison économique et les montres
Photo de l’auteur : <p>Éloi Laurent est un des économistes les plus doués de sa génération, il enseigne à Sciences Po, à Ponts Paris Tech et à l’Université de Stanford (Californie). Il est l’auteur de nombreux ouvrages, parmi lesquels Nos mythologies économiques ou Sortir de la croissance aux éditions LLL.</p>

Éloi Laurent est un des économistes les plus doués de sa génération, il enseigne à Sciences Po, à Ponts Paris Tech et à l’Université de Stanford (Californie). Il est l’auteur de nombreux ouvrages, parmi lesquels Nos mythologies économiques ou Sortir de la croissance aux éditions LLL.

D’un côté le chaos grandit, de l’autre on sape la solidarité. Dans ce monde invivable que nous bâtissons depuis trois décennies au moins, perclus d’inégalités et de privilèges, seul le ressentiment prospère. Il y a donc urgence à nous désintoxiquer des mythologies économiques.

Comment ? D’abord, en mettant clairement au jour la croyance qui colonise nos imaginaires pour la regarder bien en face. La chimère économique a trois têtes. La première tête, de chèvre, ânonne sans fin le présent : il faut réformer pour performer. La deuxième tête, de serpent, ressasse le passé et crache son venin nostalgique : il nous faut nous venger de notre déclin. La troisième tête, de lion, brûle l’avenir de son souffle ardent : il nous faut consommer, en nous consumant.

Trois têtes – le néolibéralisme, la social-xénophobie, l’écolo-scepticisme – tenues ensemble par un même corps : la « raison » économique. Quand cesserons-nous de croire en la chimère économique ? Quand nous voudrons ensemble un autre récit.

Notre avis

L’auteur s’attache à déconstruire pas moins de quinze mythes qui fondent les économies mondiales actuelles. Une approche décalée qui démontre que ce qui est présenté comme une « évidence » pragmatique cache des postures idéologiques.

Couverture du livre : Le gouvernement des émotions
Photo de l’auteur : <p>Agrégé et docteur en philosophie, Pierre Le Coz est professeur de philosophie à l'UFR de sciences médicales et paramédicales de Marseille.</p> <h4><strong>Il sera présent lors de la journée des Rencontres du coaching le vendredi 01 juillet 2022 à Toulon pour une plénière d'ouverture : </strong></h4> <h4><strong>L’individualisme consacre-t-il la faillite de l’éthique et du collectif ?</strong><strong></strong></h4> <p>Membre de l'Académie nationale de médecine, il a été membre puis vice-président du comité consultatif national d'éthique (CCNE) de 2008 à 2012. Il a présidé le comité de déontologie et de prévention des conflits d'intérêts de l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (ANSES) de 2011 à 2020. En avril 2021, il a été élu membre du comité Ethique et Cancer de la Ligue contre le cancer.</p>

Agrégé et docteur en philosophie, Pierre Le Coz est professeur de philosophie à l'UFR de sciences médicales et paramédicales de Marseille.

Il sera présent lors de la journée des Rencontres du coaching le vendredi 01 juillet 2022 à Toulon pour une plénière d'ouverture : 

L’individualisme consacre-t-il la faillite de l’éthique et du collectif ?

Membre de l'Académie nationale de médecine, il a été membre puis vice-président du comité consultatif national d'éthique (CCNE) de 2008 à 2012. Il a présidé le comité de déontologie et de prévention des conflits d'intérêts de l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (ANSES) de 2011 à 2020. En avril 2021, il a été élu membre du comité Ethique et Cancer de la Ligue contre le cancer.

Polémiques, faits divers, téléréalité… Partout, c’est l’émotion qui triomphe. Le pouvoir médiatique fait vibrer la corde sensible au rythme de stimulations sonores et visuelles qui produisent une véritable fièvre émotionnelle. Le pouvoir politique joue sur les mêmes ressorts.

Pierre Le Coz plaide en faveur d’un rationalisme critique qui mette à jour les rouages des stratégies manipulatrices. Avec cet essai, il apporte une réflexion salutaire pour déjouer les oppositions simplistes et restaurer la complexité des débats de société.

Notre avis

L’émotion est le cheval de Troie de la manipulation dont la débauche d'incitations à l’adhésion plutôt qu'à la réflexion soulève des enjeux éthiques majeurs. L’auteur apporte de nombreuses clés de lecture et de réflexion.

 

Couverture du livre : Comment réussir à se planter
Photo de l’auteur : <p style="text-align:justify;">Arnaud Tonnelé est Consultant chez Kéa partners.</p> <p style="text-align:justify;"><strong>Il sera présent lors de la journée des Rencontres du coaching le vendredi 01 juillet 2022 à Toulon avec un atelier "Collectif : une idée neuve dans les organisations ?"</strong></p> <p style="text-align:justify;">Il a commencé sa carrière à la Sofres en réalisant des audits de climat social. Il a poursuivi chez Bossard Consultants, puis au sein d'une filiale du Groupe Danone, comme consultant en accompagnement du changement. Cette expérience l'a conduit à consacrer un premier ouvrage aux Equipes autonomes, paru aux éditions Eyrolles en 2007. II est aujourd'hui consultant-coach au sein du Bernard Julhiet Group.</p>

Arnaud Tonnelé est Consultant chez Kéa partners.

Il sera présent lors de la journée des Rencontres du coaching le vendredi 01 juillet 2022 à Toulon avec un atelier "Collectif : une idée neuve dans les organisations ?"

Il a commencé sa carrière à la Sofres en réalisant des audits de climat social. Il a poursuivi chez Bossard Consultants, puis au sein d'une filiale du Groupe Danone, comme consultant en accompagnement du changement. Cette expérience l'a conduit à consacrer un premier ouvrage aux Equipes autonomes, paru aux éditions Eyrolles en 2007. II est aujourd'hui consultant-coach au sein du Bernard Julhiet Group.

Que diriez-vous d'une cure de détox managériale ?

Nous sommes entrés dans l'ère du "fake", du "fait alternatif", de la "postvérité". L'époque ne s'encombre plus guère de raisonnement, de complexité, d'argumentation. Avec les réseaux sociaux, où chacun peut donner son avis sur tout et n'importe quoi, cette tendance semble s'amplifier.

Les entreprises, qui se pensent pourtant comme de hauts lieux de la rationalité, ne sont pas épargnées. "Storytelling", "leadership narratif", "agilité", "organisations apprenantes", "neuromanagement"... En apparence, les méthodes "dernier cri" sont déployées ; en réalité, ce sont bien souvent les mêmes vieilles recettes tayloriennes qui sont appliquées, simplement relookées pour masquer le subterfuge.

Notre avis

À la suite de l’anthropologue David Graeber, qui a introduit la notion de « Bullshit jobs », nous sommes en droit de nous demander si un « Bullshit management » n’est pas doucement en train de s’installer, au grand dam des managers et des collaborateurs, qui n’en demandent pas tant.

Couverture du livre : Palindrome
Photo de l’auteur : <p>Georges Perec est un écrivain et verbicruciste français né le 7 mars 1936 à Paris <abbr title="Dix-neuvième">19e</abbr> et mort le 3 mars 1982 à Ivry-sur-Seine. Membre de l'Oulipo à partir de 1967, il fonde ses œuvres sur l'utilisation de contraintes formelles, littéraires ou mathématiques, qui marquent son style. </p>

Georges Perec est un écrivain et verbicruciste français né le 7 mars 1936 à Paris 19e et mort le 3 mars 1982 à Ivry-sur-Seine. Membre de l'Oulipo à partir de 1967, il fonde ses œuvres sur l'utilisation de contraintes formelles, littéraires ou mathématiques, qui marquent son style. 

Le Palindrome de Georges Perec, également connu sous le nom de Grand Palindrome, fête cette année ses cinquante ans. Il reste l'un des textes le plus marquants du XXe siècle mais n'avait pourtant jamais été publié seul.

Notre avis

Georges PEREC est décédé il y a quarante ans, il en aurait quatre-vingt cette année. L’auteur de la « Disparition » est aussi l’auteur du plus long palindrome dont le texte seul est désormais édité. L’auteur à fait de la contrainte (littéraire) un incroyable atout. Son travail est celui d’une mise au travail de la contrainte elle-même. A lire et à relire.

Ouvrages

Photo de Philippe BIGOT
Philippe BIGOT
Photo de Fabienne BERNARD
Fabienne BERNARD
Photo de Emilie DEVIENNE
Emilie DEVIENNE
Photo de Roland GORI
Roland GORI
Photo de Emmanuel GRATTON
Emmanuel GRATTON
Photo de Reine-Marie HALBOUT
Reine-Marie HALBOUT
Photo de Cécile JOLY
Cécile JOLY
Photo de Alex LAINÉ
Alex LAINÉ
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Pierre LE COZ
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Conférence sur le Coaching Orienté Solution® - partie n°1
De la résolution de problème à la construction de solution – Philippe Bigot
Conférence organisée par le Réseau des Formateurs UGS, qui a eu lieu le 16 novembre 2013 et qui avait pour thème "Le Coaching Orienté Solution" : le « coaching orienté solution® » est un modèle qui s'appuie sur une vision originale du changement individuel et collectif et oriente une pratique. Sur quoi se fonde cette pratique ? Qu'implique-t-elle pour l'accompagnant ? Quels enjeux et quels moments clés de la démarche ?

Philippe Bigot aborde ici les principaux postulats de sa méthode.

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La Mise à mort du travail

Rencontres et débats autrement, avec Jean-Robert Viallet et Vincent de Gaulejac

Moins de travail qu'avant, mais plus de stress

Vincent de Gaulejac, professeur de sociologie du travail Paris VII

La société malade de la gestion

La société malade de la gestion : conférence de Vincent DE GAULEJAC Sous une apparence pragmatique, la gestion constitue une idéologie qui légitime la guerre économique, l'obsession du rendement financier et qui est largement responsable de la crise actuelle. La culture de la performance et de la compétition met tout le monde sous haute pression : épuisement professionnel, stress, suicides au travail.

Vincent de Gaulejac - Travail les raisons de la colère

Vincent de Gaulejac, directeur du laboratoire de changement social à l'Université Paris 7 Denis-Diderot, auteur de Travail, les raisons de la colère (Editions du Seuil, paru le 3 mars 2011), est l’invité d’Audrey Pulvar dans le 6/7 de France Inter (6h50 - 22 mars 2011).

La société malade de la gestion

Rencontres et débats autrement - 1er juillet 2009 - Café du Pont neuf - Vincent de Gaulejac, directeur du Laboratoire de changement social, sociologue, clinicien et auteur d'une quinzaine d'ouvrages dont LA SOCIÉTÉ MALADE DE LA GESTION, paru en livre de poche aux éditions du SEUIL en mars 2009.

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pour plus d'informations consultez le site: //www.travailler-mieux.gouv.fr et //mars-lab.com/

LE SUICIDE AU TRAVAIL - Entretien avec Christophe Dejours dans la Nuit de la Cogip (extrait)

Extrait du film "Le Travail Aujourd'hui: Bilan et Perspectives", un entretien très intéressant et très sérieux de Nicolas & Bruno avec Christophe Dejours (Psychiatre, psychanalyste, professeur au CNAM et Directeur du Laboratoire de psychologie du travail et de l'action), diffusé dans La Nuit de la Cogip sur Canal+. 26 minutes d'entretien illustré de Messages à Caractère Informatif.

Christophe Dejours stress au travail / 1er partie

Intervention de Christophe DEJOURS, médecin-psychiatre, professeur au CNAM : introduction à l’analyse des problèmes de santé au travail.
Rendez-vous d’automne de l'ANM, Association Nationale des Médiateurs. Au Palais Bourbon le 24 octobre 2008

Christophe Dejours stress au travail / 2° partie

Intervention de Christophe DEJOURS, médecin-psychiatre, professeur au CNAM : introduction à l’analyse des problèmes de santé au travail.
Rendez-vous d’automne de l'ANM, Association Nationale des Médiateurs. Au Palais Bourbon le 24 octobre 2008

La mise à mort du travail - france inter

Christophe Nick, producteur de la série documentaire « La mise à mort du travail » et Paul Moreira, co-auteur avec Hubert Prolongeau de « Travailler à en mourir : quand le monde de l'entreprise mène au suicide » étaient les invités de Pascale Clark dans Comme on nous parle sur France Inter (09h35 - 26 Octobre 2009).

J'ai mal au travail ! - France Inter

Alain Le Gouguec reçoit dans le 7/10 de France Inter, Danièle Linhart, sociologue du travail, directrice de recherche au CNRS et Marie Pezé, psychanalyste (08h20 - 30 Octobre 2009).

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