Édito du mois

Catastrophe...

Voici une nouvelle rentrée placée sous le signe de la catastrophe que nombre d’experts « ès catastrophes » prédisent. Un premier tri s’impose avec d’un côté le catastrophisme comme fond de commerce de celles et ceux de nos politiciens qui en font un instrument, de celles et ceux pour qui la pensée complotiste est un acte de vérité, de celles et ceux pour qui le pessimisme est la seule façon d’appréhender la réalité ; et repérer de l’autre côté, un catastrophisme fondé sur les faits, les analyses qui en découlent et, les prévisions qui les accompagnent. Comment ne pas être pris par une peur exagérée face à la catastrophe alors qu’elle n’est pas un risque connu ? Les temps changent et le catastrophisme d’hier et celui d’aujourd’hui semble bien avoir changé de nature…

Notre histoire collective ne manque pas de catastrophes, la grande peste noire du moyen-âge qui décima la moitié de la population européenne ; la shoah mot hébreu pour désigner l’innommable extermination de six millions de personnes en raison de leur judéité. La liste serait bien longue à poursuivre. Sur un tout autre registre presque folklorique, rappelons-nous les discours de nombreux groupes notamment millénaristes annonçant la fin du monde, un peu avant le passage à l’an 2000. Et si une catastrophe n’en chasse pas une autre, il s’avère que la nature de la catastrophe a muté. Le mot catastrophisme jusqu' il y a peu, n'était pas une catégorie ; en effet, le catastrophiste était celui qui voyait des catastrophes partout, qui exagérait chaque danger, anticipant la fin « de tout » et incarnant à lui seul les ressorts de la fable Pierre et le loup. Le catastrophisme, était alors, une sorte de pathologie fondée sur des croyances individuelles susceptibles de s’étendent à un groupe. En quelque sorte, une pathologie du rapport à la catastrophe se faisant alors destructrice. Le catastrophisme aujourd'hui ne désigne plus seulement cette pathologie subjective et principalement individuelle ; sa nature a muté puisqu’elle n’est plus maintenant de l’ordre de la croyance mais du fait démontrant la possibilité d’une destruction, incommensurable, incompensable par une assurance ou une réparation relative à notre existence même. Le catastrophisme est le symptôme du problème de notre temps, ce problème possible de la fin du monde, d'une catastrophe réelle et globale. Elaboré récemment dans le champ de la philosophie, le catastrophisme est devenu une catégorie générale qui vise à penser notre histoire sous le signe du risque global, du risque de destruction totale, et d'en faire un outil de réflexion et surtout de débats. Impossible d’oublier les images des feux, des inondations, des températures insoutenables de l’été en certains endroits de la planète comme autant de signaux d’une catastrophe annoncée. Notre planète n’en peut plus de l’exploitation que l’homo economicus lui inflige. Les ressorts de la catastrophe sont connus, l’heure n’est plus aux mesurettes mais au pragmatisme des solutions à déployer. A l’instar des autres champs, les solutions ne sauraient ici se construire dans l’espace problème et avec les termes de ce dernier. C’est à un changement de « niveau 2 », pour reprendre les termes de « Palo Alto », c’est-à-dire à un changement de paradigme que nous engage l’état de la planète. L’enthousiasme de participer à la transformation menant vers un monde qui préservera le vivant peut alors se substituer – au moins en partie – à la peur de la catastrophe. Une page de l’histoire du devenir de l’humanité est en train de s’écrire dont nous devons, individuellement et collectivement, nous considérer auteur et acteur.

La valeur de la valeur…

Qu’on se le dise, il existe un indicateur mondial des valeurs d’entreprise. Après tout, la passion évaluative et la part de folie qu’elle contient étant de mise, pourquoi pas un indicateur, de plus. Qu’est-ce que nous apprend ce nouvel indicateur, études et statistiques à l’appui ? Tenez- vous bien chers lecteurs : il existe un lien entre les résultats financiers d’une entreprise et le niveau de motivation de ses collaborateurs. Voici qui est proprement révolutionnaire… ! Et, toujours selon ces études, la motivation des personnes est d’autant plus forte lorsque la « culture d’entreprise » l’est aussi. De là à penser que les gens sérieux qui ont travaillé sur ces études et fait parler les statistiques ont trouvé le moyen de réinventer la roue, il n’y a qu’un petit pas faire… Allons faisons-le !

Innovation, intégrité et responsabilité est le tiercé gagnant des valeurs les plus affichées. L’indicateur mondial des « experts » exprime les valeurs en « familles et catégories ». Il montre notamment une prévalence de la catégorie de valeurs exprimant la compétence de l’entreprise : celles qui énoncent professionnalisme et savoir-faire. La seconde catégorie de valeurs la plus représentée est celle montrant une démarche dite de conquête qui s’exprime par des valeurs telles que : ambition, esprit d’entreprise, innovation… La catégorie de valeurs arrivant en dernière position du classement mondial ? Les valeurs dites sociales c'est-à-dire celles qui se réfèrent au management, aux relations sociales et de travail, à la justice, à l’évolution des individus, à l’expression et à la participation des personnes… Le paradoxe devient alors évident : comment une culture d’entreprise pourrait être forte si elle ne laisse pas une place importante, pour ce pas dire centrale à ce type de valeur et cela dans la mesure où ce sont les personnes qui portent la culture d’entreprise ? Selon les « experts » ce classement –qui change chaque année- des valeurs affichées par les entreprises serait le reflet des préoccupations de la société moderne. Y aurait-il donc dans ce palmarès la valeur opportunisme ? Comme si les valeurs étaient interchangeables d’une année sur l’autre, comme si les entreprises pouvaient revendiquer les mêmes. Mais sur le fond, quelle peut être l’efficience de valeurs affichées qui ne sont pas réfléchies, partagées et décidées avec l’ensemble des collaborateurs ? Quel est le sens de valeurs qui ne seraient pas enracinées dans une histoire, celle de l’entreprise et des personnes qui la font ? Et quels sont les coûts et conséquences de ces valeurs affichées au mépris de la réalité vécue dans l’entreprise ?

Coopérons !

Dans le monde de l’économie, l’éco-darwinisme serait un monde de luttes acharnées et féroces pour la survie ; un monde dans lequel il n’y a de places que pour les meilleurs, ceux qui savent s’adapter. Un monde dans lequel le marché et sa loi impitoyable font le tri, le faible est condamné à disparaître, le fort est condamné à le rester… aux dépens des autres. Dans ce monde-là, les finalités de l’adaptation et de la survie l’emportent sur les moyens. Bref, selon ces théories Darwin serait d’une absolue modernité. A ceci près que Darwin n’a pas inventé le darwinisme économique et que rien ne prouve qu’il ait été darwinien…

Et si Darwin était d’actualité pour d’autres raisons que celles avancées dans les discours convenus et qui se présentent in fine comme fondements anthropologiques de rapports socio-économiques, plus connus sous l’appellation (non contrôlée) de néolibéralisme… Il est tout de même curieux de constater que dans son ouvrage princeps, « L’origine des espèces », Darwin ne dit rien, ou presque de l’Homme. De là à penser à une mystification… Mais il y a mieux, en termes d’actualité cette fois. Dans un autre ouvrage - « La filiation de l’homme » - Darwin évoque les sociétés humaines et y développe une vision dans laquelle il fait tenir à la coopération, une dimension et une place prépondérantes. En résumé, tout le contraire du discours habituel ! Selon Darwin, la coopération - indispensable entre êtres humains - est sous-tendue par le processus de sélection naturelle lui-même. Bien que concurrence soit le maître-mot du discours économique, il n’en reste pas moins que nous vivons au quotidien auprès d’êtres humains dont nous avons besoin, de qui nous obtenons du soutien et à qui nous apportons du soutien. Et ces derniers sont bien plus nombreux que nos concurrents. Qu’il s’agisse de notre boucher, du mécanicien chargé de l’entretien de notre engin roulant ou encore de l’équipe de travail avec laquelle on déploie sa mission, nous ne pouvons que nous satisfaire que chacun effectue bien son travail et soit indisposé lorsque ce n’est pas le cas. Ne serait-ce pas le contraire s’ils étaient nos concurrents ?... Et puis, la concurrence n’est pas en soi un gros mot, et n’exclut nullement l’éthique. Darwin avait observé qu’un groupe solidaire est en concurrence avec d’autres groupes, également solidaires. Concurrence qui devient alors un élément indispensable pour le développement du soutien réciproque dans le groupe. Aussi, en temps de crise, que la solidarité humaine s’en trouve renforcée n’est pas un effet du romantisme mais une donnée observable. Même les tribulations d’Astérix et de son village témoignent bien de ce phénomène, face à la menace et aux difficultés la coopération est une solution… Parfois la seule voie comme l’indique la théorie des jeux. Alors, coopérons…

De l’ignorance et du savoir…

Qui n’a pas fait l’expérience d’une commande de livre faite sur le net ? Tellement simple, il suffit d’entrer le titre de l’ouvrage pour le recevoir quelques jours plus tard. Et dans le même temps des suggestions apparaissent lors de nos navigations suivantes : vous avez acheté ceci alors vous aimerez cela. La magie des algorithmes qui modélisent nos comportements et nos goûts opère ! Mais alors que devient le plaisir de trouver ce que l’on ne cherchait pas ? Les tenants de l’algorithme trouveront à argumenter que de liens en liens nous découvrons des lieux inconnus, mieux encore, que des recommandations auxquelles on ne s’attendait pas peuvent nous être proposées. Face à cette logique, il nous reste la voie de la radicalité…

La radicalité serait d’affirmer que l’on ne sait pas que l’on ne sait pas. Soit une vraie position d’ignorance face à la prévisibilité, les réseaux et la modélisation. Trouver ce que l’on ne cherchait pas serait ainsi la voie de l’ouverture, de la découverte et pour le dire savamment, de la sérendipité. Il est bien entendu que l’on sait que l’on ne sait pas tout… et pourtant, la proposition ici va plus loin puisqu’il ne s’agit pas de reprendre la célèbre formule de Socrate : « je sais que je ne sais rien ». Il s’agit d’affirmer : je ne sais pas que je ne sais pas. Le paradoxe n’est pas bien loin. Illustrons avec le livre. Ainsi, je ne sais pas que je peux lire tel ou tel livre car je ne sais pas que tel ou tel livre existe. Je ne connais pas plus l’existence de leurs auteurs. Je peux dire que je sais que je n’ai pas lu Proust parce que je connais l’existence de Proust et de son œuvre, mais que dire de tous ces auteurs et par là, de tous ces livres dont j’ignore l’existence ? Et plus largement, que puis-je dire de toutes ces choses que je ne sais pas alors même que je ne sais pas qu’elles existent ? La question devient épineuse, formulons-là ainsi : comment faire pour cultiver son ignorance et trouver ce qu’on ne cherchait pas ? Le propos ici ne consiste pas à défendre l’ignorance en tant que telle et de l’ériger en vertu ; pas plus que ce propos serait une invitation à s’y complaire. Car s’il devait s’agir de se vautrer dans l’ignorance ce serait pour avoir le plaisir d’en être extrait. L’ignorance forme le fond de tout projet de savoir, elle est à l’origine d’une pulsion de savoir qui peut ouvrir au plaisir d’apprendre, de découvrir, d’être surpris. Il s’agit donc de s’y complaire pour avoir le plaisir d’en être éjecté ! Plus que cultiver l’ignorance pour elle-même, il s’agit de cultiver une attitude d’ignorance qui nous rend disponible à l’inconnu…. De cet inconnu qui fait rêver alors même qu’il nous échappe. A l’image de cette expérience que produit en nous un livre qu’on feuillette en librairie, nous l’ouvrons et tombons sur une phrase qui nous interpelle, éveille notre curiosité, entraîne un écho. N’est-ce pas là ce qui se passe avec toute chose que l’on apprend ? Ne pas savoir que l’on ne sait pas est peut-être une idée évidente et banale, mais pas si simple à reconnaître et à accepter.

Communiquer n’est pas parler…

Les champs de la parole et ceux de la communication en viennent à se resserrer et parfois, à se confondre. La langue et les formes de langage se transforment au fil du temps et s’imprègnent des tendances du moment. La langue est du côté du vivant, les mots eux-mêmes « font leur vie ». Rabattre la fonction de la parole à la seule fonction communicationnelle du langage n’est pas sans effet pour les êtres parlant que nous sommes. L’irruption du langage informatique dans le langage de tous les jours est un phénomène qui alimente la confusion entre parler et communiquer.

Bien que le phénomène ne soit pas récent et qu’il ait pu impliquer d’autres champs, nous pouvons observer que notre langue quotidienne s’est informatisée ces temps derniers. De plus en plus de mots du champ lexical de la machine, des ordinateurs, ou, de l’informatique de manière plus générale ont envahi notre langage. Ainsi, les modes de pensées et leurs prémices sont devenus des « logiciels », changer de logiciel venant alors signifier le « remplacement » d’un mode de pensée. Les rendez-vous ne sont plus définis mais nous voilà programmés : « vous êtes programmé pour lundi 16h00 », il n’est donc plus question de planifier un horaire mais de programmer la personne. Une pensée obsessionnelle tourne aujourd’hui « en fond d’écran ». A cela viennent s’ajouter toutes les attitudes et comportements qualifiés de « en mode de » se disant « je suis en mode… » ; mode désignant bien souvent une fonction informatisée ou numérisée, de celles dont regorgent nos téléphones.  J’entendais récemment quelqu’un dire qu’il se mettait en « mode silencieux » durant toute la réunion… Effet de langage ? Métaphore pour ne dire explicitement quelque chose ? Trait d’humour dans la formulation ? Autrement dit, est-ce là un phénomène banal ou y a-t-il des effets plus profonds à ce phénomène ? Le déplacement d’un registre du langage, ici informatique, au registre de la langue entraine une confusion entre communiquer et parler. Le langage est alors ramené à une seule fonction de code et ainsi d’information. Le langage est la faculté de parler une langue là où, communiquer vise à échanger des informations, parler c’est trouver son chemin particulier et singulier dans un ordre du langage qui préexistait bien avant notre naissance et permettait même que nous soyons « parlés » avant notre arrivée ! Parler est une façon pour chacun de faire vivre une fonction symbolique que permet le langage, et, qui fonde la nature de l’humanité. Dans l’ordre du langage, chaque langue est une vision du monde comme le souligne le philosophe Souleymane Bachir Diagne. Alors si nous communiquons pour échanger des informations, nous ne saurions nous réduire à la seule fonction d’émetteur et de récepteur. Or, à l’heure où la performance est le leitmotiv et pas uniquement dans le monde du travail mais dans le quotidien ; il y a une cohérence à ce que chacun cherche en permanence à gagner en efficacité et en rapidité, à la manière de nos machines et logiciels qui « process » et « automatisent ». Alors que l’informatique est synonyme d’efficacité, de rapidité, de pragmatisme, il est probable que son langage s’immisce dans nos discours pas seulement pour faire moderne, mais parce que ça redéfinit notre rapport au temps que d’utiliser des sigles ou des mots techniques ou informatiques. Un langage pour être toujours plus efficace et dans un gain de temps lui aussi gage d’efficacité. Et la question demeure : pourquoi ?

La loi du plus fort...

Les étudiants de « business school » apprennent que la compétition dirige le monde puisqu’elle serait dans la nature même de l’Homme. Ainsi chacun serait mû par son intérêt propre, et, nous serions naturellement portés à considérer notre semblable comme un compétiteur voire un adversaire. Cette idéologie s’est imposée comme évidence dès lors qu’elle a été essentialisée. Dans le monde végétal, les recherches récentes des scientifiques compilées avec des découvertes plus anciennes démontrent que la sélection naturelle encourage les organismes qui sont de bons partenaires, les uns pour les autres. Alors, la coopération avec les autres peut elle être plus bénéfique que la loi du plus fort ?

Une réponse positive est désormais avancée pour le monde des végétaux. Depuis quatre cents millions d’années, ils survivent grâce à des stratégies d’entraide via un réseau mycorhizien complexe résultat de l’association symbiotique entre les racines des arbres colonisés par un même champignon. Cet immense système souterrain permet aux arbres de partager des ressources nutritives et de développer une meilleure résistance. Cette symbiose comme forme de coopération a permis aux arbres de faire front même si leur devenir est désormais en danger. Après avoir résisté à la disparition des dinosaures, à l’effondrement de la biodiversité du crétacé, ils doivent désormais faire face à un défi d’une nouvelle ampleur : le réchauffement climatique dont une des caractéristiques est son extrême rapidité. Et si pour l’heure les arbres plient, ils ne rompent pas. Une partie de la communauté scientifique oscille entre les « exagérément optimistes » et les « excessivement pessimistes ». La grande majorité des scientifiques parient sur une capacité des arbres à s’adapter qui serait bien supérieure à celle des humains. La coopération pourrait-elle faire la différence ? S’il n’est possible d’avancer une réponse certaine à cette question, il apparait que la loi du plus fort qui s’exerce à l’endroit de la planète nous démontre chaque jour un peu plus, qu’elle nous entraine dans le mur. Une loi du plus fort qui sait aussi faire retentir le bruit des bottes pour nier l’existence de « l’autre ». Dès lors que nous partageons une même planète et, que nos besoins fondamentaux sont les mêmes, la coopération apparait comme l’option la plus évidente lorsqu’il s’agit de laisser vivre « le tout » et « le tous ». Dans le monde des humains, si la Loi a comme fonction de contenir « la loi du plus fort », coopérer semble bien être la meilleure force à opposer à « la loi du plus fort ».

27 avril 2022

C’est la date fixée pour l’exécution de Mélissa dans la prison de Gatesville au Texas. D’origine hispanique vivant au Texas, elle a vécu dans la pauvreté avec ses quatorze enfants. Fréquemment battue par ses différents compagnons, elle a déménagé a de multiples reprises passant de logements insalubres en logements insalubres, nourrissant ses enfants avec des aides alimentaires, vivant d’expédients. Mélissa consommait des stupéfiants. Mariah sa dernière fille, alors âgée de deux ans, est retrouvée morte dans leur logement d’alors par l’une des filles de Mélissa. Cette dernière appelle les secours et la police ne tarde pas à arriver. Pour les policiers les évidences s’imposent vite. Mélissa est arrêtée à la fin de la journée même, soumise à interrogation le soir même, et durant une longue partie de la nuit au cours de laquelle, les premières conclusions du médecin légiste seront communiquées...

Mariah a subi tout au long de sa courte vie, une maltraitance physique dont témoignent contusions multiples et différentes fractures consolidées. Mélissa avouera alors, avoir tué sa fille. L’interrogatoire a été filmé par la police. Mélissa va être jugée pour infanticide. L’avocat qui la représentera l’enjoint à plaider coupable. Elle refusera et veut dire sa vérité qui n’est pas celle de la police. Elle fait confiance dans la justice de l’Etat, de son pays. Elle sera condamnée à mort au terme d’un procès expédié, et d’une défense inexistante. Mélissa entre dans la liste des femmes condamnées à la peine capitale, au Texas. Une avocate engagée reprend le dossier de Mélissa qui accepte, pour faire appel de la décision. L’inespéré se produit, les juges décident d’un nouveau procès - et ainsi de nouvelles investigations et enquêtes - considérant qu’il était manifeste que Mélissa n’avait pas bénéficié d’un procès équitable, les juges statuant même sa libération immédiate. L’invraisemblable se présente aussitôt : l’Etat du Texas conteste la décision des juges et, fait appel. Avec une majorité divisée, les juges annuleront la décision de leurs confrères et confirment la peine de mort ; Mélissa reste donc dans le couloir de la mort. Une journaliste et réalisatrice française, Sabrina Van Tassel mène un projet documentaire dans la prison de Gatesville sur la vie carcérale des femmes. Elle rencontre Mélissa et, va être bouleversée par cette femme et son histoire. Le projet documentaire se transforme immédiatement, et, la journaliste mène l’enquête ; celle que la police n’a pas mené ; celle que la dernière avocate de Mélissa a mené. Journaliste et avocate ne se connaissent pas encore. Elles vont établir les mêmes faits, démontrer qu’il est très improbable que Mélissa ait tué sa fille. Et même, qu’elle l’ait maltraité. Les actions de l’avocate jusqu’à la cour suprême seront vaines, la cour refusera d’examiner le dossier. Le documentaire de Sabrina Van Tassel intitulé « L’Etat du Texas contre Mélissa » montre et démontre tous les éléments qui n’ont pas figuré au dossier, les témoins écartés, les faits qui n’allaient pas dans le sens de l’infanticide. Le document intègre la vidéo réalisée par la police durant l’interrogatoire de Mélissa, jusqu’aux aveux. Une séquence typique d’obtention des aveux. Le documentaire a touché, rencontré un public large dans de nombreux pays. Des personnes, des collectifs se mobilisent. Car les motifs d’indignation ne manquent pas face à cette affaire : la peine de mort comme « barbarie rendue au nom de la justice » pour reprendre les termes de Robert Badinter ; la peine de mort dont les statistiques judiciaires démontrent qu’elle tue des innocents condamnés à tort par des juges ; la construction d’une coupable idéale au crime révoltant : tuer son propre enfant ; une affaire vite « résolue » par la police le jour même, le refus de l’Etat du Texas de rouvrir le procès : quelle menace représente cette femme pour que l’Etat se mobilise autant pour son exécution ? Et, il est une autre indignation qui émerge en mettant en perspective des événements concomitant et sans rapport.  Toujours au Texas, il y a quelques semaines, les pressions qu’exercent des groupes de parents (souvent des « ultra » quelque chose) auprès des établissements scolaires et des enseignants ont abouti. Ces parents veulent que leurs enfants ne soient pas influencés par « théories dominantes » enseignées à l’école. Des parents aussi déterminés que radicalisés ont pu obtenir du lycée et des enseignants que des « vérités alternatives » soient désormais enseignées en réponse aux « théories dominantes ». La réalité des faits est cinglante et implique en l’espèce, que les enseignants en histoire devront dans ce lycée, enseigner des « vérités alternatives » lorsqu’ils enseigneront la Shoah. Des « vérités alternatives » dont la nature est bien connue. Mélissa quant à elle est déterminée par une seule vérité qui la condamne à la mort. L’Etat du Texas ne connait qu’une vérité, la sienne. Il refuse toute « alternative » à la vérité d’un procès pourtant reconnu bâclé par des juges. A l’école, les pseudo-vérités peuvent coexister (jusqu’à quand ?) avec le savoir et les faits historiques et scientifiques. Dans les tribunaux, une seule vérité même établie comme douteuse ne peut être révisée quand bien même la vie d’une femme est en jeu. Ainsi, la vérité historique de la solution finale devra être débattue là où, la vérité de quelques juges serait si infaillible qu’elle n’ouvre pas même, au débat. Cette lutte entre faits scientifiques et « vérités alternatives » n’a rien de nouveau là-bas aux Etats-Unis, comme ici en Europe. Cette lutte a pris depuis quelques années des dimensions qui doivent nous alerter, nous préoccuper. L’affaire judicaire de Mélissa est aussi le symptôme de cette lutte, et, sa vie est dorénavant hypothéquée. Ces combats idéologiques entre « vérités » n’ont rien d’anodin. Ils sont féroces. Ils tuent et tueront le 27 avril 2022 dans la prison de Gatesville au Texas.

Ultracrépidarianisme

Voici un terme bien difficile à prononcer autant qu’à mémoriser. Pourtant ce qu’il désigne semble s’être solidement installé dans le paysage. L’actualité sanitaire depuis deux ans et les réseaux sociaux ont manifestement fait éclore un phénomène, un comportement qui n’a pourtant rien de bien nouveau. Le changement réside bien plus dans l’ampleur du phénomène. Ce mot compliqué, « ultracrépidarianisme », désigne l’action de parler, de donner un avis sur des sujets pour lesquels nous n’avons pas de compétences. Qui ne s’est jamais retrouvé en situation de donner son avis sur un sujet dont il ignore à peu près tout. Que celui-là jette donc la première pierre ! La nouveauté, c’est le bon en avant que les réseaux sociaux permettent transformant celles et ceux qui s’y autorisent à devenir des spécialistes sur tout et par là surtout des spécialistes…

Très typique de ce phénomène que la pandémie aura encouragé sont les messages sur les réseaux sociaux de personnes qui les commençaient par « je ne suis pas médecin mais… » et se poursuivaient pas une série d’affirmation qui se voulaient appartenir au registre des savoirs. Dans la phrase, le « mais » faisant alors fonction de voiture balai de l’ultracrépidarianisme. Un mot qui provient d’une locution latine « Sutor ne supra crepidam », qui signifie « Cordonnier, pas plus haut que la sandale ! » et se traduisant par un « limite-toi à parler de ce que tu connais vraiment ». Le terreau de l’ultracrépidarianisme n’est autre que l’ignorance. Cette ignorance qui en chacun forme le fond de tout projet de savoir. Mais ici l’ignorance ne se transformant pas (ou plus) en quête, la « pulsion de savoir » est alors convertie en un travestissement qui cherche à faire passer des affirmations individuelles en des savoirs acquis auprès de « sources fiables et autorisées ». Un comportement qui avait déjà été repéré par Charles DARWIN pour qui « l’ignorance engendre plus fréquemment la confiance en soi que ne le fait la connaissance ». Un constat qui saisit la nature même de l’ultracrépidarianisme ! L’excès de confiance et la force de l’affirmation étant alors proportionnelles à l’ignorance dans laquelle se tient celui qui parle. Un phénomène qui serait comique à l’échelle individuelle mais peut prendre des allures catastrophiques lorsqu’il prend une dimension collective. L’enjeu devient alors crucial puisqu’il met à l’épreuve rien moins que le statut du savoir. L’ultracrépidarianisme n’est autre chose qu’un tour de prestidigitation sur le savoir donnant l’illusion d’une (toute) puissance que « savoir » pourrait procurer. Dans son Faust, Goethe ne dit pas autre chose lorsqu’il affirme que « tout savoir est un pouvoir ». Un des remèdes à l’ultracrépidarianisme semble donc bien être la confiance en l’autre, la confiance dans ce que les autres savent et dont j’ignore tout ou presque, la confiance en un autre que moi-même…. Un programme commun pour 2022 ?

Livre du mois

Couverture du livre : Gouverner par l'emploi
Photo de l’auteur : <div> <div> <div> <div> <div> <p><strong>Camille Dupuy</strong> est maîtresse de conférences en sociologie à l’Université Rouen Normandie, chercheuse au DySoLab et membre du Centre d’études de l’emploi et du travail.</p> <p><strong>François Sarfati</strong> est professeur des universités en sociologie à l’Université d’Évry-Paris Saclay, chercheur au Centre Pierre Naville et membre du Centre d’études de l’emploi et du travail.</p> </div> </div> </div> </div> </div>

Camille Dupuy est maîtresse de conférences en sociologie à l’Université Rouen Normandie, chercheuse au DySoLab et membre du Centre d’études de l’emploi et du travail.

François Sarfati est professeur des universités en sociologie à l’Université d’Évry-Paris Saclay, chercheur au Centre Pierre Naville et membre du Centre d’études de l’emploi et du travail.

Gouverner par l’emploi, c’est considérer que l’emploi est un totem, que c’est l’objet autour duquel et pour lequel la société doit s’organiser. Gouvernants et gouvernés s’inscrivent alors dans une conception néolibérale du monde où l’État se met au service du marché, où les individus consentent à revenir sur leurs droits dans l’espoir d’obtenir un emploi et avec lui, une place dans la société.

Notre avis

A partir de l’exemple fort intéressant de « l’école 42 », les auteurs de l’essai élaborent un ensemble d’idées et propositions autour d’une question centrale : La formation a-t-elle vocation à n’être mise qu’au service de l’emploi ?

Couverture du livre : La raison économique et les montres
Photo de l’auteur : <p>Éloi Laurent est un des économistes les plus doués de sa génération, il enseigne à Sciences Po, à Ponts Paris Tech et à l’Université de Stanford (Californie). Il est l’auteur de nombreux ouvrages, parmi lesquels Nos mythologies économiques ou Sortir de la croissance aux éditions LLL.</p>

Éloi Laurent est un des économistes les plus doués de sa génération, il enseigne à Sciences Po, à Ponts Paris Tech et à l’Université de Stanford (Californie). Il est l’auteur de nombreux ouvrages, parmi lesquels Nos mythologies économiques ou Sortir de la croissance aux éditions LLL.

D’un côté le chaos grandit, de l’autre on sape la solidarité. Dans ce monde invivable que nous bâtissons depuis trois décennies au moins, perclus d’inégalités et de privilèges, seul le ressentiment prospère. Il y a donc urgence à nous désintoxiquer des mythologies économiques.

Comment ? D’abord, en mettant clairement au jour la croyance qui colonise nos imaginaires pour la regarder bien en face. La chimère économique a trois têtes. La première tête, de chèvre, ânonne sans fin le présent : il faut réformer pour performer. La deuxième tête, de serpent, ressasse le passé et crache son venin nostalgique : il nous faut nous venger de notre déclin. La troisième tête, de lion, brûle l’avenir de son souffle ardent : il nous faut consommer, en nous consumant.

Trois têtes – le néolibéralisme, la social-xénophobie, l’écolo-scepticisme – tenues ensemble par un même corps : la « raison » économique. Quand cesserons-nous de croire en la chimère économique ? Quand nous voudrons ensemble un autre récit.

Notre avis

L’auteur s’attache à déconstruire pas moins de quinze mythes qui fondent les économies mondiales actuelles. Une approche décalée qui démontre que ce qui est présenté comme une « évidence » pragmatique cache des postures idéologiques.

Couverture du livre : Le gouvernement des émotions
Photo de l’auteur : <p>Agrégé et docteur en philosophie, Pierre Le Coz est professeur de philosophie à l'UFR de sciences médicales et paramédicales de Marseille.</p> <h4><strong>Il sera présent lors de la journée des Rencontres du coaching le vendredi 01 juillet 2022 à Toulon pour une plénière d'ouverture : </strong></h4> <h4><strong>L’individualisme consacre-t-il la faillite de l’éthique et du collectif ?</strong><strong></strong></h4> <p>Membre de l'Académie nationale de médecine, il a été membre puis vice-président du comité consultatif national d'éthique (CCNE) de 2008 à 2012. Il a présidé le comité de déontologie et de prévention des conflits d'intérêts de l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (ANSES) de 2011 à 2020. En avril 2021, il a été élu membre du comité Ethique et Cancer de la Ligue contre le cancer.</p>

Agrégé et docteur en philosophie, Pierre Le Coz est professeur de philosophie à l'UFR de sciences médicales et paramédicales de Marseille.

Il sera présent lors de la journée des Rencontres du coaching le vendredi 01 juillet 2022 à Toulon pour une plénière d'ouverture : 

L’individualisme consacre-t-il la faillite de l’éthique et du collectif ?

Membre de l'Académie nationale de médecine, il a été membre puis vice-président du comité consultatif national d'éthique (CCNE) de 2008 à 2012. Il a présidé le comité de déontologie et de prévention des conflits d'intérêts de l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (ANSES) de 2011 à 2020. En avril 2021, il a été élu membre du comité Ethique et Cancer de la Ligue contre le cancer.

Polémiques, faits divers, téléréalité… Partout, c’est l’émotion qui triomphe. Le pouvoir médiatique fait vibrer la corde sensible au rythme de stimulations sonores et visuelles qui produisent une véritable fièvre émotionnelle. Le pouvoir politique joue sur les mêmes ressorts.

Pierre Le Coz plaide en faveur d’un rationalisme critique qui mette à jour les rouages des stratégies manipulatrices. Avec cet essai, il apporte une réflexion salutaire pour déjouer les oppositions simplistes et restaurer la complexité des débats de société.

Notre avis

L’émotion est le cheval de Troie de la manipulation dont la débauche d'incitations à l’adhésion plutôt qu'à la réflexion soulève des enjeux éthiques majeurs. L’auteur apporte de nombreuses clés de lecture et de réflexion.

 

Couverture du livre : Comment réussir à se planter
Photo de l’auteur : <p style="text-align:justify;">Arnaud Tonnelé est Consultant chez Kéa partners.</p> <p style="text-align:justify;"><strong>Il sera présent lors de la journée des Rencontres du coaching le vendredi 01 juillet 2022 à Toulon avec un atelier "Collectif : une idée neuve dans les organisations ?"</strong></p> <p style="text-align:justify;">Il a commencé sa carrière à la Sofres en réalisant des audits de climat social. Il a poursuivi chez Bossard Consultants, puis au sein d'une filiale du Groupe Danone, comme consultant en accompagnement du changement. Cette expérience l'a conduit à consacrer un premier ouvrage aux Equipes autonomes, paru aux éditions Eyrolles en 2007. II est aujourd'hui consultant-coach au sein du Bernard Julhiet Group.</p>

Arnaud Tonnelé est Consultant chez Kéa partners.

Il sera présent lors de la journée des Rencontres du coaching le vendredi 01 juillet 2022 à Toulon avec un atelier "Collectif : une idée neuve dans les organisations ?"

Il a commencé sa carrière à la Sofres en réalisant des audits de climat social. Il a poursuivi chez Bossard Consultants, puis au sein d'une filiale du Groupe Danone, comme consultant en accompagnement du changement. Cette expérience l'a conduit à consacrer un premier ouvrage aux Equipes autonomes, paru aux éditions Eyrolles en 2007. II est aujourd'hui consultant-coach au sein du Bernard Julhiet Group.

Que diriez-vous d'une cure de détox managériale ?

Nous sommes entrés dans l'ère du "fake", du "fait alternatif", de la "postvérité". L'époque ne s'encombre plus guère de raisonnement, de complexité, d'argumentation. Avec les réseaux sociaux, où chacun peut donner son avis sur tout et n'importe quoi, cette tendance semble s'amplifier.

Les entreprises, qui se pensent pourtant comme de hauts lieux de la rationalité, ne sont pas épargnées. "Storytelling", "leadership narratif", "agilité", "organisations apprenantes", "neuromanagement"... En apparence, les méthodes "dernier cri" sont déployées ; en réalité, ce sont bien souvent les mêmes vieilles recettes tayloriennes qui sont appliquées, simplement relookées pour masquer le subterfuge.

Notre avis

À la suite de l’anthropologue David Graeber, qui a introduit la notion de « Bullshit jobs », nous sommes en droit de nous demander si un « Bullshit management » n’est pas doucement en train de s’installer, au grand dam des managers et des collaborateurs, qui n’en demandent pas tant.

Couverture du livre : Palindrome
Photo de l’auteur : <p>Georges Perec est un écrivain et verbicruciste français né le 7 mars 1936 à Paris <abbr title="Dix-neuvième">19e</abbr> et mort le 3 mars 1982 à Ivry-sur-Seine. Membre de l'Oulipo à partir de 1967, il fonde ses œuvres sur l'utilisation de contraintes formelles, littéraires ou mathématiques, qui marquent son style. </p>

Georges Perec est un écrivain et verbicruciste français né le 7 mars 1936 à Paris 19e et mort le 3 mars 1982 à Ivry-sur-Seine. Membre de l'Oulipo à partir de 1967, il fonde ses œuvres sur l'utilisation de contraintes formelles, littéraires ou mathématiques, qui marquent son style. 

Le Palindrome de Georges Perec, également connu sous le nom de Grand Palindrome, fête cette année ses cinquante ans. Il reste l'un des textes le plus marquants du XXe siècle mais n'avait pourtant jamais été publié seul.

Notre avis

Georges PEREC est décédé il y a quarante ans, il en aurait quatre-vingt cette année. L’auteur de la « Disparition » est aussi l’auteur du plus long palindrome dont le texte seul est désormais édité. L’auteur à fait de la contrainte (littéraire) un incroyable atout. Son travail est celui d’une mise au travail de la contrainte elle-même. A lire et à relire.

Couverture du livre : Aux bons soins du capitalisme
Photo de l’auteur : <p>Ancienne élève de l'École normale supérieure de Cachan, agrégée de sciences économiques et sociales, Scarlett Salman est sociologue, maîtresse de conférences à l'Université Gustave Eiffel et chercheuse au Laboratoire interdisciplinaire sciences innovations sociétés (LISIS).</p>

Ancienne élève de l'École normale supérieure de Cachan, agrégée de sciences économiques et sociales, Scarlett Salman est sociologue, maîtresse de conférences à l'Université Gustave Eiffel et chercheuse au Laboratoire interdisciplinaire sciences innovations sociétés (LISIS).

Cette enquête au long cours sur le coaching, qui croise les témoignages de coachs, de DRH et de cadres, s'interroge sur le « nouvel esprit » d'un capitalisme qui tend à ériger l'individu, et même la personne, en projet. Au risque de décharger les entreprises de leurs responsabilités organisationnelles.

Notre avis

Normalienne, l’auteure est également économiste et sociologue. Elle fonde son travail autour d’une question centrale : le coaching est-il le symbole d'un capitalisme à visage humain ou au contraire l'agent d'une injonction managériale au bien-être et à l'optimisation de soi ? L’auteure a mené l’enquête, elle croise les témoignages de coachs, de DRH et de cadres, s'interroge sur le « nouvel esprit » d'un capitalisme qui tend à ériger la personne, en projet… Une lecture aussi grinçante que salvatrice pour les professionnels du coaching qui trouvent ici à penser le métier dans ses dimensions sociales et sociétales.

Couverture du livre : La société du peloton
Photo de l’auteur : <p>Guillaume Martin, né le 9 juin 1993 à Paris, est un coureur cycliste français, membre de l'équipe Cofidis. Il a notamment été meilleur grimpeur du Tour d'Espagne 2020, et obtenu la huitième place du Tour de France 2021. Il est également l'auteur de deux ouvrages traitant de philosophie et de son application au sport.</p>

Guillaume Martin, né le 9 juin 1993 à Paris, est un coureur cycliste français, membre de l'équipe Cofidis. Il a notamment été meilleur grimpeur du Tour d'Espagne 2020, et obtenu la huitième place du Tour de France 2021. Il est également l'auteur de deux ouvrages traitant de philosophie et de son application au sport.

«  La bataille au sein du peloton fait rage. Tous les équipiers tâchent de placer leurs leaders dans les meilleures dispositions à l'instant décisif. Ils se sacrifient. L'échappée se détache enfin, elle doit maintenant résister au retour du groupe principal. Malgré leur rivalité, les fugitifs doivent collaborer et harmoniser leurs efforts s'ils veulent conserver leur avance. Il n'y aura qu'un seul vainqueur et pourtant ce dernier ne peut espérer franchir le premier la ligne d’arrivée sans s'appuyer sur le travail des autres.  »

Notre avis

L’auteur, Guillaume Martin est coureur cycliste professionnel, un sportif de haut niveau qui pense en philosophe avec une solide formation à la clé et dans une discipline sportive dans laquelle les performances sportives sont bien souvent raillées… L’auteur sort du peloton pour nous ouvrir à une profonde réflexion sur la dialectique individu et collectif s’appuyant pour cela sur ce qui se passe dans le peton cycliste. Une pensée originale et passionnante qui fait exploser bien des idées reçues.

Couverture du livre : La tyrannie du mérite
Photo de l’auteur : <p>Michael J. Sandel est un philosophe politique américain. Il est professeur à Harvard, au sein du département de science politique.</p>

Michael J. Sandel est un philosophe politique américain. Il est professeur à Harvard, au sein du département de science politique.

Nous vivons une époque dangereuse pour la démocratie, une époque qui creuse les écarts entre gagnants et perdants. En cause, l’idéal de la méritocratie qui, généralement associé au fonctionnement régulier des institutions démocratiques, à l’autonomie et à la liberté des citoyens, et à une certaine forme de justice sociale, apparaît fondamentalement vicié et in fine inégalitaire, conduisant les sociétés occidentales à une véritable « tyrannie du mérite ». 

Notre avis

Sociologues et philosophes ont amplement démontré la dimension idéologique du concept de mérite. A l’heure où tous les cinq ans, élection présidentielle oblige, reviennent inlassablement les discours sur la « valeur travail » (à ne pas confondre avec la valeur du travail), la récompense du mérite individuel et la chasse aux chômeurs transformés pour la cause en assistés ; la lecture de cet essai de philosophie politique ouvre de belles perspectives : il invite à une politique du bien commun centrée sur la dignité du travail.

Ouvrages

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Philippe BIGOT
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Fabienne BERNARD
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De la résolution de problème à la construction de solution – Philippe Bigot
Conférence organisée par le Réseau des Formateurs UGS, qui a eu lieu le 16 novembre 2013 et qui avait pour thème "Le Coaching Orienté Solution" : le « coaching orienté solution® » est un modèle qui s'appuie sur une vision originale du changement individuel et collectif et oriente une pratique. Sur quoi se fonde cette pratique ? Qu'implique-t-elle pour l'accompagnant ? Quels enjeux et quels moments clés de la démarche ?

Philippe Bigot aborde ici les principaux postulats de sa méthode.

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Rencontres et débats autrement, avec Jean-Robert Viallet et Vincent de Gaulejac

Moins de travail qu'avant, mais plus de stress

Vincent de Gaulejac, professeur de sociologie du travail Paris VII

La société malade de la gestion

La société malade de la gestion : conférence de Vincent DE GAULEJAC Sous une apparence pragmatique, la gestion constitue une idéologie qui légitime la guerre économique, l'obsession du rendement financier et qui est largement responsable de la crise actuelle. La culture de la performance et de la compétition met tout le monde sous haute pression : épuisement professionnel, stress, suicides au travail.

Vincent de Gaulejac - Travail les raisons de la colère

Vincent de Gaulejac, directeur du laboratoire de changement social à l'Université Paris 7 Denis-Diderot, auteur de Travail, les raisons de la colère (Editions du Seuil, paru le 3 mars 2011), est l’invité d’Audrey Pulvar dans le 6/7 de France Inter (6h50 - 22 mars 2011).

La société malade de la gestion

Rencontres et débats autrement - 1er juillet 2009 - Café du Pont neuf - Vincent de Gaulejac, directeur du Laboratoire de changement social, sociologue, clinicien et auteur d'une quinzaine d'ouvrages dont LA SOCIÉTÉ MALADE DE LA GESTION, paru en livre de poche aux éditions du SEUIL en mars 2009.

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Enquête OVAT sur la perception des RPS, parole aux salariés.
pour plus d'informations consultez le site: //www.travailler-mieux.gouv.fr et //mars-lab.com/

LE SUICIDE AU TRAVAIL - Entretien avec Christophe Dejours dans la Nuit de la Cogip (extrait)

Extrait du film "Le Travail Aujourd'hui: Bilan et Perspectives", un entretien très intéressant et très sérieux de Nicolas & Bruno avec Christophe Dejours (Psychiatre, psychanalyste, professeur au CNAM et Directeur du Laboratoire de psychologie du travail et de l'action), diffusé dans La Nuit de la Cogip sur Canal+. 26 minutes d'entretien illustré de Messages à Caractère Informatif.

Christophe Dejours stress au travail / 1er partie

Intervention de Christophe DEJOURS, médecin-psychiatre, professeur au CNAM : introduction à l’analyse des problèmes de santé au travail.
Rendez-vous d’automne de l'ANM, Association Nationale des Médiateurs. Au Palais Bourbon le 24 octobre 2008

Christophe Dejours stress au travail / 2° partie

Intervention de Christophe DEJOURS, médecin-psychiatre, professeur au CNAM : introduction à l’analyse des problèmes de santé au travail.
Rendez-vous d’automne de l'ANM, Association Nationale des Médiateurs. Au Palais Bourbon le 24 octobre 2008

La mise à mort du travail - france inter

Christophe Nick, producteur de la série documentaire « La mise à mort du travail » et Paul Moreira, co-auteur avec Hubert Prolongeau de « Travailler à en mourir : quand le monde de l'entreprise mène au suicide » étaient les invités de Pascale Clark dans Comme on nous parle sur France Inter (09h35 - 26 Octobre 2009).

J'ai mal au travail ! - France Inter

Alain Le Gouguec reçoit dans le 7/10 de France Inter, Danièle Linhart, sociologue du travail, directrice de recherche au CNRS et Marie Pezé, psychanalyste (08h20 - 30 Octobre 2009).

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