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Edito du mois

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Philippe BIGOT
La vérité vraie…

Pourquoi s’embarrasser des faits lorsqu’on peut s’en affranchir ? La « post-vérité » est désormais omniprésente dans les échanges qui se déploient sur la scène des réseaux sociaux. Aucun domaine n’échappe aux « faits alternatifs ». Celui de la santé, COVID oblige en est un exemple flagrant. A côté des tenants des « faits alternatifs », le menteur occasionnel ou même invétéré fait pâle figure. La « post-vérité » se présente comme subversive, elle nous bouscule dans nos convictions mais sa visée n’est-elle pas de produire en chacun un basculement, une radicalité ?

Les vérités des faits sont assujetties à la subjectivité humaine en raison de la contingence des faits. Par exemple, les faits historiques relèvent d’une raison interprétative qui autorise la production de récits. La diversité des interprétations et, la pluralité possible des récits concernant les faits historiques ne sont pas de nature à remettre en question l’existence même de ces faits. La vérité des faits renvoie au caractère irréversible des événements. Nous ne pouvons donc que reconnaitre le fait comme tel et chercher ensuite à l’interpréter, à lui donner « sens ». Or l’entreprise de la « post-vérité » incite à nous faire franchir un autre pas : imposer la négation des faits et de ses évidences au profit de « faits alternatifs ». Les promoteurs de la « post-vérité » ne peuvent alors être envisagés comme de simples menteurs. S’il trompe son interlocuteur, le menteur le fait d’autant mieux qu’il connait bien la réalité avec laquelle il s’arrange. L’adepte de la « post-vérité » cherche à éviter d’aborder la réalité des faits tels qu’ils sont. Il s’y attaque avec une batterie d’arguments allant de la manipulation des données à leur invention pure et simple. Avec la « post-vérité » c’est une néo-réalité, une construction imaginaire qui occupent la place de la vérité des faits. L’exactitude des faits n’est plus alors une préoccupation disparaissant sous l’effet de l’interprétation idéologique. Il s’agit d’être fidèle – au-delà des faits – à ses croyances, à ses convictions, à ses présupposés. Discours complotiste et discours antisystème sont les formes les plus apparentes et parfois folkloriques d’une « pensée » qui s’auto-valide. Difficile dès lors de prendre conscience d’une dérive entre affirmations et vérités des faits ; le militant de la « post-vérité » imposant sa fiction en niant les faits. Aucune remise en question n’est à ce stade possible puisque de la manière la plus systématique, il s’agit de persister à ne croire ce que l’on croit déjà. La « post-vérité » est aux antipodes de la méthode scientifique dont l’exigence requiert de chercher sans cesse à infirmer ses théories. Les faits forment le fond irréductible à partir duquel des opinions peuvent se forger. Leur diversité n’autorise le débat dès lors que les vérités de fait y sont respectées. Mais ces vérités de faits sont vulnérables comme avait pu le souligner Hannah Arendt. Face au négationnisme des faits quel débat peut-il y avoir ? Pour celui qui revendique les « faits alternatifs » et de la « post-vérité », la force de son affirmation devient rapidement une affirmation de force comme seul moyen pour imposer sa vision. Nier la vérité des faits ouvre à la violence des rhétoriques qui remplacent l’art de convaincre par celui de persuader. Dissuader sera l’étape suivante. C’est à la raison que s’attaque frontalement la « post-vérité » laissant alors le champ libre à l’expression pulsionnelle. Aucun exemple dans l’histoire humaine ne montre que les pulsions, lorsqu’elles sont au pouvoir, garantissent le « vivre ensemble » … Sur la scène politique les effets peuvent s’avérer dévastateurs si les fondements démocratiques ne sont pas solidement plantés et, si les citoyens abdiquent à une indispensable vigilance. En se présentant comme « révolutionnaire », la posture de « post-vérité » ne peut apparaitre que pour ce quelle est, une escroquerie. Elle est radicalement « régressive ». Face à la raison, la « post-vérité » offre le retour des stéréotypes, de l’archaïsme. C’est à une forme contemporaine de l’obscurantisme à laquelle nos sociétés sont conviées. Ici pointe la question de civilisation. Nous avons affaire à un ennemi de la vérité bien plus dangereux que le menteur qui lui n’ignore pas le principe de réalité. Le tenant de la « post-vérité » lui s’en affranchit. « Niez, niez, il en restera toujours quelque chose » pourrait-il paraphraser. Un nouveau crédo qui demande à chacun un état vigile.

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